CHAPITRE XVI
Limoges
§1 I4ne surprise Je la Providence.
L'année qui suivit l'établissement des Oblats dans l'Ardèche, marqua un épanouissement plus merveilleux encore de la Congrégation.
A l'extérieur, après les missions d'Angleterre et du Canada, elle fonda celles de l'Orégon, de Vancouver et de la Colombie Britannique, contrée plus vaste que la France. Ainsi, des fils de Mgr de Mazenod marchaient, du côté de l'océan Pacifique, à la conquête de ces immenses territoires du nord-ouest américain, dont leurs confrères avaient déjà traversé la moitié, du côté de l'est, en venant de Québec et de Montréal, Bientôt les uns et les autres se rejoindraient vers le centre, sur les rives de la Saskatchewan et du Mackenzie.
Simultanément, elle acceptait, dans la zone tropicale, et tout près de l'équateur, lévangélisation de la grande île de Ceylan, surnommée ajuste titre la Perle des Indes. Il y avait, dans ce pays ensoleillé et si fertile en fruits de la terre, plus de quinze cent mille idolâtres à convertir, et cent cinquante mille chrétiens à instruire.
En France, la Congrégation s'implantait dans deux nouveaux diocèses : ceux de Limoges et de Nancy.
La première de ces fondations fut comme proposée par la Providence elle-même, car on n'y songeait pas.
Mgr de ïournefort, évéque de Limoges pendant près de vingt ans, de 182.5 à 1844^ voulait doter son diocèse d'une communauté de Missionnaires. Il commenva à bâtir une maison pour eux, dans le voisinage de l'évéché ; mais il mourut sans avoir pu achever cette œuvre, laissant à son successeur, avec des ressources plus que suffisantes, le soin d'y mettre la dernière main.
Nommé au siège de Limoges. Mgr Buissas. précédemment chanoine et archiprètre de la cathédrale de Toulouse, entra pleinement dans les vues de son prédécesseur, termina la construction et la compléta par
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un vaste jardin contigu au magnifique parc de révêché. Restait à trouver les ouvriers et à les installer dans ce local prêt à les recevoir.
Sur ce point important, Mgr Buissas n'avait [)as d'idée Cixe. Ne connaissant pas encore les Oblats. il s'adressa, d'abord, aux Maristes, qui, faute de personnel disponible, demandèrent du temps. Les Pères de la Miséricorde, pressentis, à leur tour, auraient volontiers accepté ; mais il leur fallait, à eux aussi, un délai de deux ans. Môme insuccès auprès des Lazaristes, dont le général ne répondit que d'une manière très évasive.
L'évêque était désolé. Gomme il le raconta i)lus lard, il se plaignait à Dieu dans la prière, en répétant les i)aroles du texte sacré : Oiiiti Jaiii parafa sunt omnia, et cœpcriint si/niil oinnes exciisare... Obsecro, Domine, mitte qiios missurns es... (i).
Afin d'être promptement exaucé, il fit une neuvaine à la Sainte Vierge, et ensuite envoya un de ses vicaires généraux à Lyon, pour réitérer ses tentatives auprès des Maristes. Elles n'eurent pas un meilleur résultat ; mais, durant le voyage, le délégué entendit parler des Oblats de Marie Immaculée.
Heureux de ce rayon de lumière qui jetait quelque clartc- dans sou àme incertaine, Mgr Buissas se hâta d'écrire à Mgr de Mazenod. Dès qu'il eut reçu une réponse affirmative, ne se possédant [)Ius de joie, il la comuiuniqua à ses grands vicaires et à son conseil. Tous applaudirent à la conclusion de cette adaire, et en bénirent le bon l)i«Mi.
De son côté, le vénéré F'ondateur, réllécliissant à cet ensemble de circonstances dans lesquelles les hommes navaicnt eu aucune part, disait dans son journal, le 9 octobi-e :
— Il y a vraiment quelque chose de providentiel dans notre étajjlissement à Limoges... Pourrait-on ne pas reconnaître le doigt de Dieu et la protection de la Sainte Vierge?... Conunent refuser ce don du Ti'ès- Ilaut?... Une uiaison toute pi'éle... au centre de la l'ram-e. 011 les peuples ont un si pressant besoin d'être régénérés !...
§ 2 Dans la Tiaute-l^iennc.
Malgrt- r('X([uis(' i)ieM\ eillance de révêtpic. les ( )l)lals i-cuconli-èieiit . d'abord, (juehjues obstacles, à cause de rindilli renée du tieigc poulies missions, dont il n'avait pas constaté encore ractioii ii-n'-sislibic sur les foules. Bienlùl ces préjugé-s toMd)èrenl devaiil rclliiacilc de leur ap<)sl(»lat.
{i) l.i <;.. \i\, 17, iH : i;x.. IV. i'\.