‹ Cent ans d'apostolat dans les deux hémisphèresChapitre 71 sur 131 · EXTENSION EN FRANCE · texte numérisé non relu

EXTENSION EN FRANCE

Par ce concours de circonstances, le sanctuaire de Notre-Dame de la Garde tendait à devenir le pèlerinage de France le i)lus rréqiuMitc. Les Marseillais se le disaient avec joie et en étaient Icgitimeinent fiers.

Construction de la basilique.

Unanimement on regrettait l'étroitesse de la chapelle. Mais comment lui donner des proportions plus larges, quand elle était invinciblement resserrée entre des fortifications archaïques que IKtat s'obstinait à conserver ?

Ui'sideiicc (Ic^ l'rix'^ cli.ipil.nii^.

(Klli- <'St iii<li()iicc par une pclilc croix aii-di-ssoiis.)

L'administration de la (iuerre avait, en outre, adossé au modeste édifice divers bâtiments parasites, destinés à loger le jioi'sonnel commaiiiiaiit la garnison de la citadelle.

I)'al)()rd. Mgr de Ma/.euod s'adressa aux olfieiers du gt'iiie iiiililaii'i» résidant à Marseille. Il xoidail savoir d'eux, si ral)andon d'un l'orl. désormais [)resque sans iililih'-, pouvait élre obtenu. La ré'itonse lut négative. Selon eux, non seulement cela était absolument iiupossiiijc, mais même tout projet «l'agrandissemenl de la cliapelle «tait irréalisable. Jamais l'espace nécessaire ne serait accordé.

Sans se rebuter d'un refus aussi péremploire. .Mi;r »!«• .Ma/emid

NOTRE-DAME DE LA GARDE fyîi

écrivit au général d'Hautpoul, ministre de la Guerre. Celui-ci, désireux de favoriser le projet, conseilla, néanmoins, de ne pas demander le déclassement du fort.

Une correspondance très active s'engagea, dès lors, entre l'évèque et le ministre. Enfin, une solution conciliant les intérêts de la chapelle et ceux de l'administration militaire, semblait imminente, quand M. d'Hautpoul laissa le portefeuille ministériel et fut envoyé en Algérie, comme gouverneur général. Après tant de négociations laborieuses, le succès paraissait plus incertain que jamais.

A son retour d'Angleterre, où il était allé, en i85o, Aisiter les diverses résidences de la Congrégation, le vénéré Fondateur s'arrêta à Paris, dans la première semaine du mois d'août, pour traiter cette affaire avec le général Niel, plus tard maréchal de France, et, alors, directeur du génie au ministère de la Guerre. Cet officier supérieur étudia, de concert avec Mgr de Mazenod, la question sous toutes ses faces. Quelques mois après, il soumit à la signature du président de la République, depuis Napoléon III, un décret concédant les terrains nécessaires à la reconstruction et à l'agrandissement de la chapelle, dans les dimensions les plus étendues, tout en se renfermant dans l'enceinte du fort.

La seule condition imposée était que la commission nommée par lévêque pour l'administration du temporel de la basilique, construirait un bastion, au sud de la citadelle, sous le contrôle des officiers du génie, et d'après un plan approuvé par le ministère. Elle devrait également rétablir, un peu plus loin, le rempart situé à l'entrée du fort, et le pont-levis qu'elle était autorisée à démolir pour trouver l'emplacement dont elle avait besoin.

On abattit l'ancien édifice, et on érigea une chapelle provisoire, afin que le service du pèlerinage ne souffrît pas d'interruption, i^endant les travaux qui dureraient plusieurs années. Le bastion s'éleva au sud du fort. Ces frais préliminaires dépassèrent la somme de cinquante mille francs.

Les plans île la basilique furent dessinés par M. Espérandieu, l'architecte distingué qui dirigeait, alors, avec tant d'intelligence, la construction de la grandiose et somptueuse cathédrale de .Marseille.

Par un Mandement de i' ' novembre 1802, Mgr de Mazenod annonçait officiellement à ses diocésains la reconstruction de la chapelle, et ouvrait une souscription à cet elVet.

— Que ce monument, disait-il, soit, par sa magnificence, digne de la capitale du Midi, reine des cités commerciales de la Méditerranée.

4a4 l'extension en fhanc.e

Marseille doit olTrir une Maison d'or à la .Mère de Dieu que rKglise. dans les litanies en son honneur, se jjlait à invoquer sous ce litre : Doniiis au n'a !

En tète de la liste, l'évêque s'inscrivit pour la somme de cin(| millr francs. Cet exemple tut suivi par tous les membres du clergé, en i>r<)portion de leurs ressources. Les habitants de Marseille montrtient. une l'ois de plus, à cette occasion, combien généreux est leur amour filial pour celle »|uils a[)pellent si justement « la Honne Mère ».

La pose solennelle de la première pierre eut lieu, le dimaïuhe, II septembre i853, fête du Saint Nom de Marie. Cette cérémonie fut très imposante.

Le temps était magnifique. Le vent qui, les jours précédents, avait soufflé avec une extrême violence, cessa subitement, (juand le cortège s'ébranla. Ce calme se produisait à ce moment, comiue pour attester la puissance de la Souveraine des cieux.

On partit eu procession de l'église Saint-Joseph, et, par le toui-s Bonaparte, on se dirigea vers la colline. Toutes les paroisses étaient représentées, avec leurs diverses associations, chacune ayant sa bannière spéciale. Le maire et les membres du conseil munici[);il y assistaient.

Une foule immense, accourue de tous les quartiers de la ville. s'étageait sur les flancs de la montagne.

— Elle était si compacte, écrivait Mgr de Ma/.eiiod à sa snur, la marquise de lîoisgelin. qu'on aurait eu de la peine à placer une épingle de plus. ()uel spectacle que celui de cette colline. tai)issée détres humains. laj(ue peinte sur les ligures, tous chantant avec enthousiasme des hymnes et des cantiques, se courl)ant proiondt'inent et s'agenouillant au passage de l'évêque !.. Mais comment duc ce (piétait le coup ildil du haut du fort, que dominait la statue de la Sainte \ ierge, de manière qu'elle fût aperçue de tous ?

Arrivée au sommet, la procession se massa au pied du nnir d'enceinte. Sur la plate forme, où devait être posée la prcmi< rc pierre, furent admis seulement le nombreux i-lei'gé, les membres Av ladunnistratioii «lu tcniporcl de la basilicpic, le maire, les e(»Mseillers municipaux et les oiliciers de la garnison.

(^)uand, revêtu de la chape el mitre en ti'le. le [ntnlile s approiha du boi'd, et lc\a les mains au <Mel pour lu-nir son peuple, on Nil soudain celle multitude «le plus de cent mille personnes, s'élendant du sommet de la montagne justjuau bas vers la ville, se prosterner dans le recueillement W plus absolu.

— .S/7 itoincn l)()/itlni hrurdii Inin .' chantait le mini><lr'' île l)i«Mi.

Page 1