The Nation, de New-York, 15 juiUet 1875, p
2. Le scrutin de liste par État, tour à tour admis et abandonné dans plusieurs États particuliers, ne parait pas avoir produit des résultats très différents de ceux que donne le scrutin de district. Quant au scrutin de liste unique pour TUnion entière, à supposer même que les traditions particularistes des Américains en tolèrent l'usage, quel moyen pratique de l'appliquer à une république fédérative, comprenant trente-huit États qui couvrent un espace immense?
Un autre péril, fort à redouter pour les Chambres démocratiques, est l'exagération de Teflectif parlementaire. Hamilton, et la plupart des commentateurs après lui, ne tarissent pas sur les graves abus qui peuvent en résulter. Élargir trop les Assemblées législatives, c'est risquer, suivant eux, d'y introduire surtout des hommes d'instruction bornée et de capacité courte, dupes toutes désignées des manœuvres et des sophismes de quelques politiciens professionnels, c Plus une Chambre délibérante comptera de membres, plus diminuera le nombre de ceux qui la dirigent en effet; car la passion y troublera davantage la raison... C'est une grossière erreur pour un peuple de croire qu'en élevant outre mesure le chiffre de ses représentants il fortifiera les barrières contre les usurpations possibles d'une minorité ; l'expérience prouve que ce système irait à l'opposé du but... L'aspect extérieur du gouvernement serait plus démocratique ; l'esprit qui l'animerait deviendrait plus oligarchique. Le mécanisme paraîtrait agrandi dans son ensemble; les ressorts qui le feraient mouvoir n'en seraient souvent que moins nombreux et mieux cachés*. >