‹ Cent fleurs de mon herbierChapitre 10 sur 62 · LES IRIS · texte numérisé non relu

LES IRIS

Famille des iridées. — Iris faux acore. Iris pseiidoaconis. — Iris versicolore. Iris versicolor. — Fossés, étangs, lieux humides. Juin-juillet.

Des savants affirment que c'est Louis VII, dit le Jeune, qui choisit l'iris des marais, ou faux acore, pour le blason royal, au moment où il partait pour la deuxième croisade, en 1147. La figure, il est vrai, porte le nom de fleur de lis, mais on admet aujourd'hui que cette plante portait le nom de lis au moyen âge. ,

L'Iris versicolore.

Nous nous imaginons que le choix du souverain des Gaules a dû rendre cette fleur orgueilleuse, car ce n'est pas un mince honneur que d'avoir le privilège de faire partie des armes de la vieille mère patrie et d'orner la bannière des rois de France, durant plus de six siècles.

L'iris des marais est une superbe fleur d'un jaune vif, veinée de noir, avec une teinte fauve au centre. L'iris versicolore, que les Canadiens appellent clajeux et les Anglais Mue flag, est d'un bleu foncé, nuancé de vert, de jaune et de blanc.

Ces deux espèces croissent au Canada, à l'état sauvage, tandis que l'iris germanique et l'iris nain ne fleurissent que dans nos jardins, dont ils sont du reste les plus magnifiques ornements.

Ce nom d'iris est une allusion aux brillantes couleurs des fleurs de ce genre type de la famille des iridées. Dans la mythologie, Iris était la déesse messagère des dieux. Pour une raison qui nous échappe, Junon la changea en arc-en-ciel, et depuis lors, ce phénomène a pris le nom de la déesse.

Les iris ont été chantés par les poètes et leurs formes majestueuses ont été souvent reproduites par les architectes et les sculpteurs. Dans le langage des fleurs, l'iris, en général, veut dire message, et particulièrement, ardeur, confiance ou flamme, selon la couleur dominante.

Les graines torréfiées de quelques iridées remplacent le café ; leur racine est dite excitante, pectorale et diurétique. Le docteur J.-P. des Vaulx prétend que c'est à tort que les habitants des campagnes emploient sans ménagement le suc de la racine d'iris pour guérir de l'hydropisie. Ce suc, ajoute-t-il, est un violent purgatif dont il faut laisser le maniement aux médecins.

LA BERMUDIENNE.

Famille des tridées. — Bermudienne ancipitée, Sisyrinchium anceps. — Tige simple, ailée, glabre. Feuilles linéaires engaînantes. Fleurs bleues ; pédicelles filiformes. Prés humides. Juin-juillet. (Provancher.)

Plus humble que la classique violette est la bermudienne. Bien qu'elle ait ordinairement de dix à douze pouces de hauteur, elle trouve moyen de se cacher parmi les autres plantes, de façon à ne pas être vue par l'œil inattentif. Autre coquetterie, sa corolle se referme vers le haut du jour, comme si elle craignait les caresses d'un soleil trop ardent. Et pourtant cette fleur, d'un bleu violacé, supportée par un frêle et long pédicelle, est fort gracieuse.

Les Anglais l'ont baptisée bine eijed grass (l'herbe aux yeux bleus). N'est-ce pas que c'est une johe trouvaille ?

On dirait d'une herbe, en effet, que la bermudienne avec ses feuilles linéaires, engaînantes et sa tige aplatie, surtout lorsque sa corolle

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n'est pas épanouie ; mais, vive Dieu ! étale-t-elle ses six pétales mucronés que tout de suite on la reconnaît pour une proche parente de l'iris le superbe.

La bermudienne.

Nous étions loin de songer à elle lorsque nous la trouvâmes sur la montagne de Montréal, près de Villa-Maria. Elle s'en est bien vengée, car depuis nous y pensons souvent.

LE GAILLET.

Famille des rubiacées. — Gaillet trifide, Galium Irifidum. — Feuilles verticillées obtuses ; fruit glabre. Marais. Juin-septembre. (Moyen.)

Disons tout de suite que gaillet ou caille-lail vient du grec gala, lait ; allusion à la prétendue propriété de cette plante de cailler le lait.

Le genre gaillet produit de si petites fleurs, que la stellaire est presque une géante auprès d'elles.

La plante qui nous occupe a une fleur à quatre pétales blancs et se rencontre dans les marais et les lieux humides. Par contre, sa sœur, le gaillet boréal, choisit les lieux pierreux et ombragés. Les tiges de ces plantes sont très grêles quoique assez longues, aussi sontelles munies d'aiguillons qui leur permettent de s'accrocher aux herbes plus fortes et de prendre ainsi, avec l'appui des autres, leur place au soleil.

Le gaillet.

Les gaillets font partie d'une famille nombreuse et de grande renommée : les rubiacées. Elle ne compte pas moins de deux cent vingt-huit genres et deux mille neuf cent quatre-vingt-deux espèces, au nombre desquelles se trouve la garance (rubia tindonim), qui fournit une belle teinte rouge ; le cinchona et l'exostemma du Pérou, qui fournissent le quinquina, tonique et fébrifuge sans égal ; l'ipécacuanha, vomitif d'un emploi journaUer en médecine ; enfin, le célèbre caféier (cofjea arabica), dont le fruit sert à préparer cette boisson qui est aujourd'hui d'un usage universel et qui seul suffirait à illustrer la famille la plus pauvre et la plus modeste.

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