LA BARDANE
Famille des composées. — Bardane commune, Lappa communis ou lappa major. — "Vivace. Tige robuste de 1 à 2 pieds. Feuilles cotonneuses en dessous, grandes, ovales cordées, ovales lancéolées. — Bords des chemins. Près des habitations. Août. (Provancher.)
Oh 1 pour sûr, vous connaissez la bardane. A moins d'être aveugle, il vous est impossible de n'avoir point remarqué cette plante aux feuilles énormes qui croît le long des routes et dans les lieux incultes, et dont l'odeur est si désagréable. J'ai vu des feuilles de bardane
La bardane.
qui mesuraient dix pouces de largeur sur vingt-deux pouces de longueur ; et, ce ne sont peut-être pas les plus grandes. La tige est grasse et féculente, mais sa hauteur n'est pas proportionnée à l'ampleur des feuilles, puisqu'elle atteint deux pieds à peine.
Ses petites fleurs rouges violacées sont réunies en capitules presque rondes. L'enveloppe florale est composée d'écaillés appliquées les unes sur les autres et terminées par un crochet. Aussi, gare aux bêtes et aux humains qui l'approchent après sa floraison ; les passants seront certains d'en avoir à leurs habits et les animaux à leur toison.
Ce doit être la raison pour laquelle le langage des fleurs dit que la bardane est le symbole de l'inconvenance et de l'importunité. Il ne faudrait pas trop lui en vouloir, cependant, puisque c'est le divin Semeur qui a mis ce moyen à sa disposition pour répandre ses graines. Elle ne fait que remplir son rôle.
Au point de vue médical, la bardane est ignorée dans notre province. Pourtant on la recommande comme dépuratif, sudorifique et diurétique. « Elle est utile dans le catarrhe pulmonaire chronique, le rhumatisme, la goutte, les maladies de la peau et les éruptions de mauvaise nature. C'est cette dernière propriété qui lui a valu, en France, le nom d'herbe aux teigneux. Les Anglais la nomment burdock.
Dioscoride et GaUen disent que la bardane était appelée personata par les Romains, parce qu'avant l'invention du masque scénique, les comédiens se servaient des larges feuilles de cette plante pour se couvrir le visage. Les moissonneurs s'en faisaient même des chapeaux.
« L'Écriture mentionne, rapporte Mélanie Van Biervhet, comme un châtiment et un véritable fléau, la Bardane, Lappa. Écoutons le prophète Osée : « Je les vois déjà qui fuient à cause de la désolation » de leur pays. Ils iront en Egypte, mais Memphis sera leur sé- » pulcre. Leur argent, qu'ils aimaient avec tant de passion, sera » caché sous les orties, et l'on verra se multipUer la Bardane dans » leurs habitations », c'est-à-dire dans leurs champs et leurs jardins. «Les sommets consacrés à l'idole qui fait le péché d'Israël, » seront désolés ; il croîtra des Bardanes et des ronces sur leurs autels ; » et ils diront aux montagnes : Couvrez-nous ! et aux colUnes : Tom- » bez sur nous » !
Par contre, Mgr Kneipp, le génial propagateur de la cure d'eau, professait le plus grand respect envers cette plante. Il lui avait donné une place d'honneur dans son jardin et il considérait que sa valeur était inestimable pour la guérison de plusieurs maux.
LA CHELIDOINE.
Famille des papavéracées. — Chélidoine commune, Chelidonium majus. — Vivace. Tige 1 à 2 pieds. Feuilles dentées, glauques en dessous. Fleurs jaunes. Suc jaune et acre. Près des habitations. Bords des chemins. Juillet-octobre.
Chélidoine vient d'un mot grec qui veut dire hirondelle. Ce nom lui a été donné parce qu'en Europe, d'où elle est originaire, elle fleurit
PLANTES DES PRES ET DES BOIS
à l'époque du retour des Au Canada, c'est en juillet formée de quatre pétales, trop la froidure, car nous qu'à la fin d'octobre.
La chélidoine, comme la véracées, contient dans ses orangée, comme celui de
hirondelles, c'est-à-dire au mois de mai. qu'elle commence à étaler sa corolle jaune C'est une herbe vivace qui ne craint pas l'avons vue en fleur, à Trois-Rivières, jusplupart des plantes de la famille des papatissus un suc abondant. Il est de couleur la sanguinaire, sa proche parente. C'est
La^chélidoine.
un poison irritant dont on fait usage dans les campagnes de France pour détruire les dartres et les verrues. De là un de ses noms populaires : herbe aux verrues.
On l'appelle encore : éclaire, parce qu'anciennement on l'employait dans les maladies des yeux, contre les taies par exemple.
Les Anglais la nomment celandine, qui est une corruption de chelidonia.
Wordsworth, un des plus célèbres poètes lakistes que l'Angleterre ait fournis, semble avoir affectionné particuhèrement la fleur de la chéhdoine, car il lui a consacré une poésie qui commence ainsi :
There's a flower, that shall be mine, 'T is the little celandine.
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LA RUDBECKIE.
Famille des composées. — Rudbeckie hérissée, Rudbeckia hirla. — Tige de 1 à 3 pieds, hispide, rude. Rayons d'un jaune brillant. Disque conique à fleurs pourpres. Terrains secs. Juillet-septembre. (Provancher.)
Un de nos amis a cueilli cette rudbeckie dans les champs, à l'est de Montréal. C'est une trouvaille, parce que Provancher, d'illustre
La rudbeckie.
mémoire, prétend que cette espèce ne se trouve qu'aux États-Unis et dans le Haut-Canada. Ses rayons d'un jaune orange brillant sont en nombre variable et mesurent un pouce de longueur environ. Au centre s'élève le disque conique qui de loin paraît noir, mais qui, vu à la loupe, est en réalité composé de minuscules fleurs violacées, sombres.
Dans le sud de la répubUquc américaine, où elle abonde, son aspect bizarre, quoique coquet, lui a fait donner le nom de nigger head, tête de nègre. Les Anglais l'appellent cône flower.
Toutes les rudbe; kies — elles sont au nombre d'une vingtaine,
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croyons-nous — ont l'Amérique du Nord pour contrée d'origine.
C'est l'immortel savant sué 'ois Linné qui les a baptisées ainsi, en souvenir de son prédécesseur dans la chaire de botanique de l'université d'Upsal : Olaûs Rudbeck.
Dans le langage des fleurs, la rudbeckie veut dire : Vous êtes inconstant.