LE COTONNIER OU ASCLEPIADE
Famille des asclépiadées. — Asclépiade de Cornut, Asclepias Cornuti. — Tige de 3 À 4 pieds, simple, Feuilles opposées. Ombelles de fleurs rosées, odorantes. Graines munies d’aigrettes soyeuses. Bords des chemins, champs, etc. Juillet-août. (PROVANCHER.)
Le cotonnier. — Asclépiade de Cornut.
L'asclépiade, que nous nommons cofonnier et herbe à ouate, est bien connue dans nos campagnes, car elle pullule dans certains endroits. Nous l'avons vue, à Sainte-Geneviève de Batiscan, couvrant entièrement de longs versants de collines exposés au soleil levant. C'est une plante de belle apparence, aux grandes feuilles ovales, opposées, vertes en dessus et blanchâtres en dessous. Les fleurs, très nombreuses, rosées et odorantes, sont disposées en ombelles penchées et sont de véritables merveiiless On leur accorde, malheureusement, peu ou point d’attntion. Les aigreites soyeuses et longues de sa graine. qui
forment une boule de ouate, lui ont fait donner le nom de colonnier et l'on a essayé maintes fois d'en fabriquer des tissus qui, au dire de Provancher, sont assez beaux, mais de peu de durée. Ce savant naturaliste disait, en 1862, que c'était surtout par sa fibre que cette plante pouvait devenir précieuse comme plante textile. Et il ajoutait :
“ Depuis plusieurs années déjà, on l'exploite pour cette fin en Russie. Le gouvernement des Etats-Unis vient d'acheter, à un prix considérable, le secret d’une compagnie russe exploitant cette plante, par lequel on peut débarrasser la fibre de l'épiderme qui la recouvre et qui répond aux procédés du rouissage dans le lin et le chanvre, seul obstacle qui a arrêté jusqu’à présent la mise en œuvre de cette fibre. Ni le résultat est tel que le proclament les journaux des Etats- Unis, cette plante peut opérer une révolutien complète dans l'agriculture de notre pays. (Car, quels profits ne retirerait-on pas d’une plante textile vivace, qui croît partout, même dans les plus mauvais terrains ? ”
Il faut croire que les expériences n’ont pas réussi, pârce qu'on ne parle plus aujourd'hui, du moins ici, de cette industrie qui, vraiment, eût été une richesse pour notre province.
Le mot asclépiade, d'où l’on a fait asclépiadée, vient de Asclepias ou Esculape, dieu de la médecine chez les Grecs.
Dans le langage des fleurs, l’asclépiade signifie : coquetterie.
Dernier détail: nous lisons dans la Grande encyclopédie, que le sue laiteux qui est contenu dans cette plante renferme du caoutchouc.