‹ Cent fleurs de mon herbier [microforme]Chapitre 55 sur 77 · DA · texte numérisé non relu

DA

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Erable en clairière.

trempelte, œuf au sucre, goudille, goudrelle, chalumeau, mouvette, palette, cassots, une brassée, un brassin, auges, cabane à sucre, pain de sucre, ete.

Au Canada, les sucres se font d'ordinaire durant les mois de mars et avril. La terre n'étant pas encore prête pour la culture, les habitants, peu occupés. se livrent alors avec entrain à la fabrication du sirop ct

du sucre, et c'est un temps d'amusements pour eux et leurs familles.

On ne sait pas au juste à quelle époque nos ancêtres ont commencé à faire du sucre avec le jus de l'érable. Pierre Boucher, dans son //isloire véritable et naturelle des mœurs et productions de lux Nouvelle-France, parue en 1664, ne dit que ceci :

“Quand on entaille ces Hérables au Printemps, il en découle quantité d'eau, qui est pius douce que l'eau détrempée dans du sucre ; du moins plus agréable à boire. ‘

Benjamin Sulte, dans l'édition qu'il a publiée du livre de Boucher, ajoute à ce passage la note suivante :

“ Les sauvage: étaient trop ignorants pour < aviser de faire bouillir de l'eau d'érable afin de recuciilir la substance sucrée qu'elle renferme. Les Français euxmêmes ne commencèrent à faire de la ltrempelte et du sucre solide que vers 1695, probablement sous la direction du docteur Michel Sarrasin, ”

Nous avons fé jengtemps sous l'impression que l'on ne faisait du sucre d'érable qu'au Canada et au nord de la Nouvelle-Angleterre. C'était une opinion que nous avions re-ueillie à la campagne, Aussi, grande fut notre surprise lorsque nous lûmes les Scènes de la nature, Au célèbre naturaliste américain Andubon. Dans un chapitre qu'il intitule: Un camp à sucre, il décrit au long la méthode qu'on employait autrefois, dans le Kentucky, pour faire le sucre d'érable. Cette méthode ne diffère pas de la nôtre. Elle lui ressemble même tellement, qu'il est probable qu’elle à été enseignée aux Yankees par nos coureurs de bois et nos sauvages.

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Depuis cette époque, la fabrication du sucre et du sirop d'érable s’est de beaucoup améliorée. La falsification s’est même mise de la partie et elle fait une rude concurrence au produit véritable.

Rameau d'érable.

L'érable est originaire de l'Amérique du Nord et de l'Asie. En France, les espèces cultivées sont l'érable plane, le faux sycomore et l'érable de Montpellier. Ce sont des arbres d'ornement.

Ici, nous en avons cinq ou six espèces, mais les mieux connues et les plus estimées sont l'érable à sucre proprement dit, et la plaine, érable rouge.

Le nom latin de l’érable, acer (dur), est une allusion à la densité de son bois, disent la plupart des botanistes; cependant, l’abbé Moyen diffère d'opinion et prétend qu'acer vient de acus, pointe, “ parce qu'il servait chez les anciens à confectionner des lances et des piques. ”

Dans le langage des fleurs, en France, l'érable signifie: réserve, précaution, économie, parce que, dit-on, ses fleurs tardent à s'ouvrir et tombent avec une excessive lenteur.

Pour nous, c’est autre chose, c’est

L'arbre sacré, l'arbre de La patrie!

(Vieille chanson.)

Parler de l’érable à un Canadien, c'est éveiller chez lui les idées de force, de beauté, de bonté, de plaisir et de nationalité. L'arbre le plus puissant et le plus joli de la forêt, c'est l'érable; le bois qui donne le plus de chaleur durant les froids rigoureux de l’hiver, c’est l’érable; les premiers plaisirs du renouveau nous viennent par l’érable; enfin, il faut avoir contemplé l’étonnante beauté de la forêt au mois d'octobre, pour savoir combien notre érable sait revêtir, en dehors de l’hiver, les opulentes parures qui nous le font chérir davantage.

C’est er songéant au magnifique spectacle que présente une futaie d’érable à l'automne, que nous avons écrit autrefois une humble poésie conmmen-

çant par ces deux distiques, que l’on nous pardonnera de citer :

— O nature! pourquoi ces splendeurs automnales? Te préparerais-tu pour quelques saturnales?

Pourquoi ces habits fins, ce solennel décor D'émeraude tout pâle, et de pourpre, et puis d’or?

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