Drapeyron, loc. cit., p
qu'il en existait à cette époque, était assez préparée à discuter de pareils projets d'attaque et de partage de l'empire ottoman. Mais Leibnitz évitait de dire ce qui serait arrivé au cas d'une victoire des chrétiens et comment on aurait partagé les dépouilles de la Turquie : il se contentait d'attribuer l'Egypte à la France; voilà tout. Pensait-il que le reste aurait été le lot de l'Autriche, de la Hongrie, de la Pologne et des autres états limitrophes, pour les récompenser du concours apporté à l'œuvre commune ? Gela est fort probable ; mais Leibnitz, intentionnellement, n'émettait aucun avis sur ce point essentiel, pour laisser le champ ouvert à tous les appétits.
Gomment reçut le roi de France la proposition du grand philosophe allemand ? « Leibnitz, dit A. Vandal, voulut persuader à Louis XIV de conquérir l'Egypte et le Roi fit répondre que les guerres saintes étaient passés de mode depuis saint Louis1. » Nous verrons toutefois que treize ans plus tard le grand Roi eut son propre projet de partage de la Turquie, où un des lots delà France devait être justement l'Egypte.