‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 143 sur 280 · Ib., p · texte numérisé non relu

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3. Fr. de Smitt, I, p. 8. M. Rambaud dit : « Un plan soi-disant trouvé dans les papiers du Comte de Lynar » Hist. gén., Vil, p. 504).

Comme nous l'avons vu un peu plus haut, à l'époque où Frédéric de Prusse conçut ce projet, la Turquie était en guerre avec l'Autriche alliée à la Russie*. L'Autriche réclamait « la prise de possession de la Moldavie et de la Valachie, comme indemnité de guerre2. » Les pays roumains étaient la pomme de discorde entre les alliés : « La Moldavie et la Valachie tenaient encore éloignées les deux cours impériales, mais s'il était possible de leur procurer ailleurs les mêmes avantages, on avait lieu d'espérer de les réunir. »

Au mois d'août de 1769, Frédéric-le-Grand eut une entrevue, à Neisse, en Silésie, avec Joseph II, venu incognito sous le pseudonyme de Comte de Falkenstein; « profitant de l'ascendant que lui donnait son expérience et sa gloire, il proposa au jeune Empereur le premier partage de la Pologne4. » Une seconde entrevue des deux monarques eut lieu en septembre 1770 à Neustadt, en Moravie. D'après Al. de Saint-Priest, on décida, dans cette conférence, de proposer à la Russie une autre compensation que les provinces roumaines :

1. Voici les instructions que le Cabinet de Versailles donna le 17 avril 1768 : « Instruction secrète pour le sieur de Taules, allant par ordre de Sa Majesté vers les Etats de Pologne confédérés en Podolie : Il ne faut peutêtre que bien peu de chose pour combler la mesure et pour les (les Turcs) porter à des résolutions de vigueur capables de faire rentrer la Russie dans les bornes que la justice et l'équité devraient leur prescrire et qu'il serait de la politique de toutes les puissances de l'Europe de ne pas lui permettre d'outrepasser » (Recueil des Instr. données aux Amb. et Min. de France, Pologne, par L. Farges, Paris, 1888, t. II, p. 277).

2. Vioménil, Lettres sur les affaires de Pologne, Paris, 1808, p. 87.

3. Le Cabinet français essayait vainement de convaincre les patriotes polonais du danger qui les menaçait. L'Envoyé de France recevait, le 18 janvier 1769, les instructions suivantes : « Le sieur de Chàteaufort fera son possible pour les en guérir et leur faire sentir que, lorsqu'il s'agit de l'existence, de la liberté et de la patrie, il n'est pas temps de consulter des différences de culte et que la religion catholique n'a rien à craindre des Turcs dans aucun cas et tout de la Russie » (Mémoire pour servir d'Instruction au sieur de Chàteaufort allant près du Comte Krasinski, évêque de Kamineck, dans Farges, loc. cit., II, p. 288).

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