‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 148 sur 280 · lb., nM32, p · texte numérisé non relu

lb., nM32, p

Djtivara. 19

choisi pour lui confier ses intérêts; parce que cela aurait l'air intéressé et paraîtrait avoir été concerté auparavant avec la Cour de Russie. Pour cette même raison, il estimait aussi que la Cour de Vienne ne pourrait rien prendre de ces pays-là, quoiqu'elle trouverait son avantage à pouvoir rétablir les anciennes limites par l'occupation d'une partie de la Valachie jusqu'à la rivière de l'Àluta. Enfin, pour son particulier, il trouve de la raison à ne pas restituer ces deux provinces à la Porte, mais il lui semble difficile de déterminer à qui les donner, parce que la portion paraît un peu grande pour en augmenter le royaume de Pologne 2.

Il paraît surprenant qu'au moment où on négociait le partage de la Pologne, on pense encore à lui adjoindre les pays roumains; l'arrière-pensée existait, évidemment, de prendre ce biais, pour en arriver tout de même à l'annexion des deux principautés. Le comte de Solms revient sur cette idée, dans sa lettre au comte Panin du 24 juin 1771 :

Par un certain sentiment d'équité et pour dédommager la Pologne de ses pertes, dans le partage projeté, le Roi pensait véritablement à lui donner ce qui était alors la véritable pomme de discorde entre la Russie et la Turquie, c'est-à-dire la Moldavie et la Valachie... S. M. est revenue une seconde fois dans cette dépèche à l'idée de céder la Moldavie et la Valachie à la Pologne, en équivalent des provinces qu'on se propose de lui enlever. Il la regarde comme un tempérament propre à contenter tout le monde 3.

Le grand Frédéric se réservait-il, mentalement, une fois terminée sa médiation en faveur de la Turquie, de faire monter sur le trône des Principautés roumaines son frère Henri?

Le 14 juin 1771, le Roi de Prusse avait expédié à Saint- Pétersbourg un projet de partage de la Pologne; il se plaint des prétentions russes : « Il était difficile de traiter avec les Russes, parce qu'ils n'entendent rien à l'art de la négociation. Ils ne pensent qu'à leurs intérêts et ne tiennent aucun

Page 1