‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 149 sur 280 · lb., p · texte numérisé non relu

lb., p

compte de celui des autres. » Le contre-projet russe, envoyé à Berlin, n'était pas agréé. Les difficultés provenaient toujours de ce qu'on ferait des Principautés roumaines. Le grand Frédéric persiste dans son idée et écrit au comte Solms, le 3 juillet 1771 :

La principale pierre d'achoppement sera toujours l'article de la Moldavie et de la Valachie; mais si ces deux provinces sont incorporées à la Pologne, la Cour de Vienne n'aura plus sujet de s'opposer à leur enlèvement aux Turcs. Cette réunion à une puissance assez faible par elle-même, ne saurait lui donner la moindre jalousie et comme elle doit servir en même temps de dédommagement pour les provinces que la Russie, Moi et l'Autriche nous nous proposons de prendre sur la Pologne, la dernière aura d'autant moins raison de s'y opposer, que la Pologne n'acquérera pas par là plus de forces et n'obtiendra, pour ainsi dire, rien de plus que ce que nous comptons conquérir sur elle. Pour toutes ces raisons, il me semble aussi qu'il ne serait pas mal de faire marcher la négociation de l'acquisition avec celle du dédommagement d'un pas égal dans le même temps *.

Mais Taccord ne peut se faire entre la Russie et l'Autriche. Frédéric-le-Grand écrit au comte Solms, le 5 août 1771 : « Je commence à me persuader que les affaires se brouil* lent plus qu'on ne le pense et je crains fort qu'elles n'allument le feu de la guerre l'année prochaine. » Un mois plus tard, le 8 septembre, il revient à la charge : « S'il en résultait une guerre, elle pourrait bien être accompagnée d'un grand hasard, tant pour moi que pour la Russie. Je ne vois qu'un seul moyen de l'éviter, et c'est la renonciation au démembrement de la Moldavie et de la Valachie de l'Empire ottoman2. » Un mois après, le Roi de Prusse envoya à

Page 1