‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 174 sur 280 · Tatistchef, p · texte numérisé non relu

Tatistchef, p

PROJETS DE NAPOLÉON ET D ALEXANDRE 1er 349

que ce soit elle s'est séparée de la France, regardez-la comme perdue. L'Empereur ne se refusera plus au projet présenté depuis Tilsitt de partager ses provinces et son existence politique aura pris fin avec l'année *. »

Dans les instructions que le comte P. Tolstoï, ambassadeur de Russie à Paris, reçut le 27 septembre 1807, l'empereur Alexandre Ier demandait : la Valachie, la Moldavie, la Bessarabie avec les forteresses Bender, Ackermann, Kilia, Ismaïl, Hotin ; une bande de territoire le long du rivage oriental de la Mer Noire, de Kuban jusqu'à Fas ; l'érection de la Serbie en Principauté 2.

Savary, ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, avait rapporté le 6 août, les propres expressions du Gzar à ce sujet :

Le Tsar. — L'Empereur qui juge mieux que personne, a paru voir aussi que l'Empire de Constantinople ne pouvait longtemps encore occuper une place parmi les puissances de l'Europe. Nous avons beaucoup parlé de cela et j'avoue que si cette puissance doit s'écrouler un jour, la position de la Russie lui fait espérer d'hériter d'une partie de la dépouille. L'Empereur a la bonté de me comprendre là-dessus et je m'en rapporte entièrement à lui quand il croira le moment arrivé. Je compte beaucoup sur l'attachement qu'il m'a témoigné 3.

Le nouveau ministre des Affaires Etrangères de Russie, Roumiantzof chercha à s'expliquer clairement avec Savary sur ce qu'il appelait le grand ouvrage, c'est-à-dire le partage de la Turquie ; voici comment l'Ambassadeur rapporte à Napoléon, le 5 octobre 1807, cette conversation :

Il serait d'un grand intérêt pour nous qu'on l'entreprît bientôt: non pas que l'Empereur Alexandre veuille faire une conquête, mais parce que l'Empire ottoman s'en va nettement que, même

Page 1