‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 178 sur 280 · Tatistchef, p · texte numérisé non relu

Tatistchef, p

2. V. plus loin le chapitre consacré au Projet de Mettemich. « Napoléon songe à bouleverser l'Orient afin de s'ouvrir un chemin jusqu'aux Indes anglaises à travers la Turquie démembrée » (A. Vandal, Jm Fr. et la Russie pendant la campagne de 1809).

PROJETS DE NAPOLÉON ET D ALEXANDRE Ier 355

qui la meten état de recueillir dès ce moment les plus précieuses dépouilles de l'Empire ottoman *.

Ces appréhensions sont renouvelées dans sa fameuse lettre du 2 février 1808, par laquelle il proposait à l'Empereur Alexandre Ier, non seulement le partage de l'Empire ottoman, mais encore la ruine de la puissance anglaise aux Indes et, par suite, le partage du monde entier. Voici le texte de ce mémorable document, où Napoléon développe ses projets grandioses :

, Votre Majesté a besoin d'éloigner les Suédois de sa capitale ; qu'elle étende de ce côté ses frontières aussi loin qu'elle le voudra, je suis prêt à l'y aider de tous mes moyens. Une armée de 50.000 hommes, russe, française, peut-être même un peu autrichienne, qui se dirigerait par Constantinople sur l'Asie, ne serait pas arrivée sur l'Euphrate, qu'elle ferait trembler l'Angleterre et la mettrait aux genoux du continent. Je suis en mesure en Dalmatie ; Votre Majesté l'est sur le Danube. Un mois après que nous en serons convenus, l'armée pourrait être sur le Bosphore. Le coup en retentirait aux Indes et l'Angleterre serait soumise. Je ne me refuse à aucune des stipulations préalables nécessaires pour arriver à un si grand but. Mais, l'intérêt réciproque de nos deux États doit être combiné et balancé. Cela ne peut se faire que dans une entrevue avec Votre Majesté ou bien après de sincères conférences entre Roumiantzof et Caulaincourt et l'envoi d'ici d'un homme qui fût bien dans le système... Tout peut être signé avant le 1er mars. Au 1er mai nos troupes peuvent être en Asie... Dans ce peu de lignes j'exprime à Votre Majesté mon âme tout entière. L'ouvrage de Tilsitt réglera les destinées du monde. Peut-être, de la part de Votre Majesté et la mienne, un peu de pusillanimité nous porte à préférer un bien certain et présent à un état meilleur et plus parfait; mais puisqu'enfin l'Angleterre ne veut pas, reconnaissons l'époque arrivée des grands changements et grands événements2.

Mais ces grands changements et grands événements ne purent s'accomplir, l'entrevue projetée entre Napoléon et

Page 1