‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 189 sur 280 · Ib., t. IV, p · texte numérisé non relu

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ceux de la Russie, y aurait-il rien qui pût compenser le désavantage d'avoir substitué un voisin ambitieux et puissant à un voisin tel que le Turc, dont la faiblesse et la nonchalance assurent le repos de cette vaste étendue de frontières des Etats de V. M. ?*. » On constate ainsi l'admirable tradition qui dirige tous les actes de la diplomatie autrichienne.

Remontons maintenant à l'époque où Metternich fut obligé de se prononcer sur le projet de partage de l'Empire ottoman, que Napoléon discuta un moment.

Le 18 janvier 1808, Talleyrand disait à Metternich : « L'Empereur nourrit deux projets ; l'un est fondé sur des bases réelles, l'autre est du roman : le premier est le partage de la Turquie, le second celui d'une expédition aux Indes orientales... La France et la Russie veulent partager la Turquie 2. » Metternich se montra très embarrassé, ne cachant pas que l'Autriche désirait le maintien de l'Empire ottoman : « Nous jugeons mieux la Turquie, disait-il, parce que nous la jugeons sans partialité, que nous ne formons de vœux que pour sa conservation. Les Russes voient par des lunettes grecques et nulle lunette n'est bonne en politique. » Et le diplomate ajoutait : « Eh ! bien, je vous réponds que la conquête delà Turquie coûtera 300.000 hommes en peu d'années, par les maladies, les brigandages, etc., et que, dans vingtcinq ou trente ans, ces pays ne se ressentiront encore d'aucune civilisation sous un règne quelconque 3. » Dans cette même entrevue, Talleyrand, à la question de Metternich comment compte-t-on partager la Turquie, répondit : « La Morée, les îles adjacentes et l'Egypte nous conviennent ; il vous faut le cours du Danube, la Bosnie et la Bulgarie ; si les Russes ne possédaient pas la Grimée, Constantinople devrait

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