Mém. de Melhmich, II
vous appartenir ; dans la position actuelle des choses, ils ont plus de droit à l'obtenir l. »
En présence de ce problème, Metternich écrit à son gouvernement : « Nous ne pouvons sauver la Turquie, il faut donc aidera la partager et tâcher d'en avoir le plus grand lot possible 2. »
Trois jours après cette conversation avec Talleyrand, c'està-dire le 21 janvier 1808, Metternich eut un entretien avec Napoléon. L'empereur lui fît très finement remarquer : « Vous n'êtes dans le cas de désirer la conservation de la Porte que depuis qu'elle est tombée dans son état de nullité actuel. » Napoléon avoue que lui-même devait soutenir la Turquie : s'il veut la démembrer, la faute en est aux Anglais, qu'il a l'obligation d'attaquer partout : « Les Anglais peuvent m'y contraindre malgré moi. » L'Empereur admettait l'occupation de Constantinople par les Russes : « Le jour où les Russes... » puis se ravisant aussitôt : a Quand on sera établi à Constantinople, vous aurez besoin de la France pour vous prêter secours contre les Russes. » Enfin l'Emperenr dit nettement à l'ambassadeur d'Autriche : « Je vois que ce qui doit essentiellement nous réunir très étroitement c'est le partage de la Turquie.... Vous manderez à votre cour qu'il n'est pas encore question de partage, mais que dès qu'il le sera, vous y serez non seulement admis, mais même appelés, comme de juste, pour défendre et discuter d'un commun accord vos
intérêts et vos vues Vous avez des prétentions tout à fait
justes et géographiques (et ce sont les seules qui valent) sur le cours du Danube 3. »
Quoique sans instructions spéciales, Metternich répondit à ces propositions de Napoléon : « Si la France elle-même abandonnait cet ancien allié (la Turquie) nous n'aurions sans doute