Viel-Castel, Hist. de la Restauration, t. XX, p
Russie à la France remontaient à huit années en arrière : « Le 4 juillet 1821, dit Viel-Castel1, M. de Nesselrode avait envoyé une note circulaire, par laquelle l'Empereur invitait les puissances à lui faire part de leurs vues sur le sort de l'Empire ottoman. Le sens évident d'une telle invitation, c'était que FEmpereur, regardant comme inévitable la ruine prochaine de cet empire, désirait s'entendre avec l'Europe sur le partage de ses dépouilles ».
Deux semaines après cette circulaire, l'empereur Alexandre fit à l'ambassadeur de France, M. de la Ferronnays, des propositions formelles d'alliance. Le duc de Richelieu y répondit en demandant que le Cabinet russe fixât les propositions sous la forme d'un projet de traité par écrit, ce que le Gzar refusa 2.
L'empereur Nicolas succéda à son frère Alexandre. Chateaubriand3 inclinait pour une alliance avec la Russie; il écrivait de Rome à M. de la Ferronnays de dire au Czar : « Si vous voulez aller à Constantinople, entrez avec les puissances chrétiennes dans un équitable partage de la Turquie européenne. Celles de ces puissances, qui ne sont pas placées de manière à s'agrandir du côté de l'Orient, recevront ailleurs des dédommagements4 ». C'était le principe des compensations équitables, que nous avons vu formuler à maintes reprises, au cours de cette étude.
« Ce principe une fois admis, l'imagination des publicistes politiques se donne carrière pour remanier la carte de l'Europe de manière à satisfaire à la fois la France et les puissances. Tandis que Chateaubriand résume son pro-