A. Sorel, Essai d'histoire et de critique
gramme en deux mots : Constantinople à la Russie, Cologne et la ligne du Rhin à la France, Palmerston entend proposer... une combinaison un peu plus compliquée : la Prusse et le royaume des Pays-Bas, qui céderont à leurs voisins de Fouest leurs provinces frontières, seront dédommagées de ce sacrifice, Tune par la Saxe, l'autre par des annexions au Nord; le roi de Saxe recevra comme compensation le Milanais... l ».
Prévenu par le Cabinet de Saint-Pétersbourg, que l'Autriche proposait, à la Russie et à la Prusse, de partager la Turquie, sans tenir aucun compte de la France, M. de Polignac chargea, en 1829, M. de Bois-le-Comte, directeur politique au ministère des Affaires étrangères, de lui rédiger un autre projet de partage, acceptable par la France. Dans son mémoire, M. de Bois-le-Comte exposait que les armées russes, étant sur le point d'entrer à Constantinople, la France devait presser ses négociations avec les puissances intéressées, pour ne pas être évincée. Pour empêcher rétablissement des Russes à Constantinople, on devait y créer un Etat chrétien ; pour dédommager la Russie de ses sacrifices, on lui accorderait strictement ce qui serait indispensable, attendu qu'aucune puissance n'admettrait l'installation définitive des Russes à Constantinople2.
Conformément à ce projet, la Russie recevait la Valachie et la Moldavie, ainsi que l'Arménie, Trébizonde et même plus dans les environs, si elle insistait sur ce point3. La Prusse, que Polignac nommait « le nœud de notre plan », gagnait la Saxe et la Hollande; les colonies néerlandaises étaient cédées à l'Angleterre; le roi de Hollande était expédié à Constantinople pour régner sur les pays au sud des