‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 202 sur 280 · Viel-Castel, lb.. p · texte numérisé non relu

Viel-Castel, lb.. p

Balkans; l'Autriche acquérait la Bosnie, la Croatie, la Dalmatie turque, l'Herzégovine et la Serbie; la France récupérait le Landau, l'Alsace et la Lorraine, le Luxembourg, la Belgique et le Brabant hollandais1.

Relativement aux principautés roumaines, le mémoire de M. Bois-le-Comte s'exprimait ainsi : « La Valachie et la Moldavie sont sans défense contre la Russie, qui, de vieille date, en convoite la possession ; elle y a déjà un droit d'intervention qui la rend presque maîtresse absolue. Gomment en exiger l'abandon ? »

Le Roi et le Conseil des Ministres délibérèrent pendant huit jours sur ce projet et l'approuvèrent après une première opposition du Duc d'Angoulême, le Dauphin ; par une dépêche confidentielle du 4 septembre 1829, M. de Polignac invita M. de Mortemart à apprendre quelles seraient les intentions de l'Empereur relativement à l'exécution de ce projet départage de FEmpire ottoman.

C'est pour la première fois que nous nous trouvons en présence d'un projet ayant un cachet officiel et ayant reçu l'approbation d'un Conseil de ministres, dans un Etat constitutionnel. Ce document a été sévèrement jugé, surtout par les diplomates et les historiens français. Voici comment s'exprime à son endroit l'illustre écrivain A. Sorel :

Pendant que le Conseil de Charles X délibérait sérieusement sur ce projet, monument de déraison chimérique, comme le qualifiait si bien un diplomate français du temps, l'intervention des Prussiens à Constantinople modifiait toutes les conditions du problème; le 15 septembre 1829, la paix d'Andrinople fut conclue. La Prusse, pressentie sur le plan de la France, répondit qu'elle se refuserait à toute combinaison de ce genre. M. de Bernsdorff le déclara officiellement par deux dépêches adressées le 3 janvier 1830 aux Ministres de Prusse à Pétersbourg et à Paris.

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