Voy. plus loin le chapitre consacré au Projet de Cumulée
du Pape, présenta à Léon X une Descriptio potentie Turcie ; ordinatio belli contra illam ; Sigismundus primus rex Polonie Dux belli in Turcos a Papa nominatur1, où il évalue l'armée du Sultan à 300.000 hommes, sans compter les Scythes, les Tartares, les Moldaves, qui au nombre de 15.000 défirent à trois reprises les Turcs, ainsi que les Valaques.
Léon X renouvela ses sollicitations, en 1514, dans la 9e session du Concile de Latran : « Mais avant cela le concile de Latran finit, auquel fut entre autres choses traité de la guerre contre les Turcs. » Par une lettre du 21 octobre 1514, il promet 50.000 ducats au roi de Hongrie Wladislas s'il attaque les Turcs et seulement 20. 000 ducats s'il se tient sur la défensive 2.
Cette même année, le cardinal Jacques Sadolet 3, chargé par le pape Léon X, invitait le roi Louis XII de France, d'être un second Godefroy de Bouillon, en se mettant à la tête d'une nouvelle croisade* : « C'était une vieille politique de la part du Saint-Siège d'éloigner de l'Italie les puissants rois, ses voisins, en détournant leurs forces vers l'Orient contre les infidèles8. »
Mais c'est après son entrevue avec François Ier à Bologne que Léon X médita sérieusement une entreprise contre les Turcs \ Dans le chapitre suivant nous connaîtrons, par la lettre de François Ier au roi de Navarre, l'accord qu'il établit à ce sujet avec le Souverain Pontife. Avant de quitter Bologne, Léon X écrivit une lettre au roi de Portugaise 15janvierl515, où il dit avoir tenu dans sa main le cœur du roi de France :
1. Acta Tomiciana, t. III, p. 168-181 ; Hurmuzaki, t. II, 3, p. 168-182.