Gharrière, 1, p
2. « Quod ad pecunias vero quse nervi surit belli » {Ib. p. 34). Ces dépenses sont évaluées à 800.000 ducats.
3. Le projet de Léon X est résumé dans : Lazari Soranzii patricii veneti Ottomannus sive de lmperio turclco, au chapitre : Epilogi loco Leonis X consultatio de bello Turcœ inferendo ponitur (Gonringii, De Bello contra Turcas, p. 160-162).
Par une bulle du 7 mars 1517 le Pape avait proclamé une trêve de cinq ans parmi les chrétiens. François Ior, Charles d'Espagne, Henri VIII d'Angleterre, Emmanuel de Portugal, Louis de Hongrie, Sigismond de Pologne, Christian de Danemark et Jacques d'Ecosse répondirent à l'appel de Léon X ; il s'ensuit un Traité, sanctionné par une bulle du Pape ; dans la ratification de Charles-Quint on lit : « ne lupus ille rapax Turcus continue quaerens quem devoret, posset Christian um gregem impetere1.» Le 29 octobre 1517, le cardinal de Médicis écrit à l'éveque de Pola, que les affaires de Turquie intéressent le Pape plus que toutes les autres; le 17 novembre de la même année, le Cardinal écrit au nonce Antonio Pucci, lui demandant d'obtenir l'aide des Suisses2.
En 1518, pour accélérer les préparatifs des Princes chrétiens contre les Turcs, Léon X expédia quatre cardinaux : Campeggio auprès du roi d'Angleterre ; Egidio Camisio en Espagne ; Farnèse, puis Gaetani auprès de l'empereur Maximilien ; Bibbiena auprès de François Ier. Il y eut à Rome une procession solennelle, que le Pape et les cardinaux suivirent pieds nus : « Léon adressait de ferventes prières à Dieu pour qu'il daignât rendre à l'empire chrétien Constantinople et Jérusalem 3. »
La mort de Maximilien Ier (11 janvier 1519) et l'échec de François 1er, qui aspirait à lui succéder, anéantirent tous ces beaux projets. Dans un bref, du 3 juin 1519, adressé au prince de Valachie, Léon X entrevoit lui-même la possibilité de signer une « treuga sive conventio » avec les Turcs '*.
Mais l'impulsion donnée par l'initiative de Grand Pape provoqua une profonde agitation dans tout le monde chrétien;