Ib., p
2. lb., p. 101-104 ; en tout, on trouve, dans Charrière, quatre lettres de Grantrie de Granchamps au Roi Charles IX, une à Catherine de Medicis ut deux à M. de Foix, du 14 mars 1569 au 9 février 1570.
3. Lettre de M. de la Tricquerie à Charles IX du 22 déc. 1570 (Charrière, III, p. 140).
L'ambassade de Grantrye de Grandchamps n'avait pas été très brillante. De retour en France, il essaya de lutter pour se maintenir encore : « Il est à présumer, dit Charrière, que M. Grantrye de Grandchamp, par sa parenté avec la famille de d'Aubespine et avec le secrétaire d'état Villeroy triompha d'abord de toutes les accusations qui s'étaient amassées contre lui pendant son ambassade. » Mais il ne réussit qu'à ajourner sa disgrâce : « Grandchamp, qui passait pour être d'un caractère très violent, paraît avoir mérité assez peu de considération, à juger par le résultat de son ambassade, comme par la conduite qu'il tint plus tard i . »
A la fin de sa malheureuse mission à Constantinople, il fut encore nommé gentilhomme de chambre (1er mai 1571) ; attaché au duc d'Alençon, en qualité de chambellan, il fut impliqué dans le complot de La Molle et fut obligé de s'expatrier; il était de passage à Venise en 1575. Tout de même, il réussit à se faire nommer chevalier de Tordre du Roi le 9 septembre 1579. Il mourut entre le 2 et le 5 avril 1587 2.
Maintenant, que nous connaissons le personnage, examinons le projet qu'il conçut, en 1566, de monter sur le trône des Principautés romaines de Valachie et de Moldavie, de les coloniser avec des Huguenots français et de les réunir ensuite à la Pologne sous le sceptre du duc d'Anjou. Ce plan résulte d'un document en latin, publié dans la collection de Documents Hurmuzaki, qui paraît à Bucarest sous les auspices de l'Académie romaine et du ministère de l'Instruction publique3. C'est le rapport de l'internonce autrichien à Constantinople Albert de Wyss4, adressé à l'empereur Maximilien II, le 11 août 1567 ; en voici la teneur intégrale :
1. Charrière, t. III, p. 162. Cf. Mémoires de Michel de Castelnau, 1659 et 1731, t. II, p. 424.