Charrière, III, p
d'aller en France solliciter l'intervention du Roi à Venise pour la délivrance d'un chiaoux, expédié à Charles IX, et qui avait été arrêté dans cette ville, chemin faisant. Grandchamp, dans cette course, sut si bien se faire valoir auprès de ce prince qu'il le déclara son ambassadeur à la Porte, en révoquant le sieur de Sausai, déjà choisi pour cette commission. Profitant du moment, il partit après avoir reçu 12.000 livres pour une année d'appointements. Mais les Vénitiens ayant alors réclamé l'entremise du Roi auprès de la Porte, avec laquelle ils étaient en guerre et l'ayant obtenue, leur ambassadeur fit observer qu'il convenait de confier cette médiation à un tout autre personnage que Grandchamp. On courut après lui ; il fut ramené et sa lettre de créance retirée : mais il trouva moyen de garder l'argent (p. 192-193).
La situation de Grantrye de Grandchamp était à ce point désagréable à Constantin ople, que le roi Charles IX écrivait au grand Vizir Mohamed Sokolly, le 9 février 1570 : «... le dit sieur de Granchamps, auquel avons donné rentière charge de nos affaires de Levant, attendant qu'y puissions pourveoir d'aultre autant capable que luy, puisqu'il ne vous est agréable f. » Le Roi demandait l'élargissement du secrétaire François Courtay et des interprètes B. Leuvron et J.-B. Beudoré, promettant de punir Claude du Bourg.
La dernière lettre de Grantrye de Granchamps est celle du 9 février 1570, à M. de Foix2; l'ambassadeur retourna ensuite en France ; il quitta Constantinople, le 13 novembre 1570 3, emportant une lettre du sultan Sélim II au roi de France. Mais le 22 mai 1571, il fut remplacé par François de Noailles évêque d'Acqs, que Charles IX appelle, dans la lettre de créance : « nostre amé et féal conseiller en nostre conseil privé 4. »