Vhisl. des Papes, t. Il, p
3. Mathaus-Voltolini, p. 309 : « Mit starker Hand die Waffen zu ergreifen und den Uwesen zu steuern ». A. du Chesne parle ainsi du zèle anti-turc du Pape Clément VIII : « Mais il ne poursuivit rien aucc autant d'ardeur et de zèle, que la repression du Tiran de Constantinople, ennemy mortel du nom et de la foy des Chrestiens. Car il secourut Rodolphe II Ernpe-
Clément VIII se signala particulièrement par son zèle à expédier en Orient de nombreux missionnaires et légats, en vue de soulever les chrétiens contre les Turcs. Nous verrons, au chapitre suivant, comment remplit sa mission Cumuleo, chargé de réunir contre la Porte les Persans, les Transylvains, les Cosaques, les Moldaves, les Valaques et les Bulgares.
Clément VIII avait envoyé en Egypte, Camillo Caetani, évêque de Cervia ; le Patriarche d'Alexandrie répondit à ses avances par deux ambassadeurs, que le Pape reçut à Rome. A Prague il délégua Speziano, évêque de Crémone (1592) et le cardinal L. Madruzzo (1593) ; en Pologne, G. Malaspina, évêque de San-Severo. Il manda au Liban les jésuites Dandini et Bruno. Il reçut (1596) les hommages de plusieurs évèques russes, qui déléguèrent à Rome deux envoyés : Hypalius de Wolodimir et Cyrille Terleczki. Il fit battre une médaille : Exvrgat. D. et dissip. Inim. Ejvs, lorsque le généralJ. Fr. Aldobrandini * partit pour secourir Rodolphe, engagé dans une guerre contre les Turcs (1595). Dans un bref au roi d'Espagne, du 4 septembre 1600, il parle de ses démarches en Perse; le 24 février 1601, il expédie, en Perse, les Pères Fr. Costa et Diego di Miranda et au mois de mai de la même année il reçoit à Rome deux ambassadeurs persans.
En 1594, Clément VIII envoya auprès de Sigismond Bathory, le nonce A. Visconti, évêque de Cervia, et dans ses instructions, on lit que l'objet de toutes ees missions
reur de conseil, de soldats, et d'argent pour luy continuer la guerre ; exhorta Sigismond Prince de Transsilvanie, qui s'opposoit en Orient comme vn mur pour la maison d'Israël, à abbalre l'Empire des Olhomans : et fut Autheur aux Moldaues et Valaches de faire le semblable. » (Hist. des Papes, p. 893.)
1. Parent éloigné du Pape ; il avait épousé sa nièce, sœur du Cardinal Pietro Aldobrandini.
était : « per trattare di calegare quel Prencipe con l'Imperatore et conginugere queirarmi contro'l Turco * » ; il espère qu'une fois la ville de Belgrade prise « da tutte le parti cominciaria la revolutione temuta da Turchi 2. » Dans les instructions au Nonce près du roi de Pologne, datées du 40 juin 1595, il insiste sur ces avis qu'on a reçus deConstantinople de la faiblesse des Turcs « che minacciano mutation i a quellTmperio » et trouve qu'un blâme perpétuel pèsera sur le nom des Polonais s'ils ne veulent pas aider à abattre l'arbre, ou au moins à courir prendre du bois lorsqu'il tombe : « E saria biasmo perpetuo de nome Polacco, a non aiutare la caduta dell'arbore, o non correre a far délia legna quando cadesse 3. »
En Italie même, il employa avec une activité inlassable les talents diplomatiques de Mgr Graziani, évêque d'Amalia et de M«r Délia Gorvia ; il envoya Caserta auprès de l'Empereur, en Pologne et en Transylvanie, pour provoquer une guerre contre les Turcs « othomanici Tyranni immanissimi inimici Dei et hominum ». Le 6 octobre 1593, Camille Borghèse, envoyé comme nonce en Espagne, s'agitait pour « ajutar l'Imperatore contro il Turco * ». Une seconde mission fut envoyée à Madrid, ayant à sa tête le neveu du Pape J. Fr. Aldobrandini (Bref du 19 novembre 1593).
Le 10 novembre 1595, Henri IV écrivait à de Brèves, son ambassadeur à Gonstantinople : « Il faut que je pense à mes affaires, par le moien de notre Sainct père le Pape, lequel m'ayant honnoré de sa Bénédiction m'a faict entendre me vouloir mettre d'accord avec le dit roy d'Espagne afin que tous les Princes chrestiens puissent tourner leurs armes contre ce Seigneur (le Sultan) s. »