‹ Cent projets de partage de la Turquie, 1281-1913 (volume 2)Chapitre 89 sur 280 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

Au contraire, Voltaire écrit à ce sujet : « La prétendue division de l'Europe en quinze dominations est reconnue pour une chimère qui n'entra point dans la tête de Henri IV1 ». Guizot dit à son tour : « Il ne reste que des notions un peu vagues sur les projets diplomatiques de Henri IV au moment de sa mort et j'incline à croire qu'on lui a prêté des rêves auxquels il n'a jamais sérieusement songé »2. Albert Sorel affirme que le véritable auteur du grand dessein fut bien Sully : « De là l'étrange et vaste combinaison, que l'on appelle à tort le grand dessein de Henri IV, et qui serait bien plus justement nommé le grand dessein de Sully »3. M. Hauser, dans la Grande Encyclopédie, dit également que Sully a pris ses chimères pour des idées de Henri IV; celui-ci était un esprit trop pratique pour s'aventurer dans de telles utopies. Enfin, M. Hanotaux4 écrit, avec sa grande autorité : « Le fameux grand dessein n'a jamais existé que dans le cerveau de celui qui en est le seul narrateur, comme il prétend en avoir été le seul confident ».

Entre ces deux thèses diamétralement opposées, M. Aug. Poirson, historien de Henri IV, donne une explication assez plausible : « Dans ce projet, Henri ne fut que pour l'idée première, pour le principe général d'établissement d'un conseil éventuel destiné à terminer les différends entre les puissances chrétiennes par une autre voie que celle des armes»6. Sully aurait imaginé tout le reste c'est-à-dire le plan d'organisation de l'institution et son fonctionnement.

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