Appendix ou Corrolaire des Histoires
2. Ed. Petitot, Paris, Foucault, 1820-29, 9 vol. Relativement au Grand dessein, l'éditeur se prononce ainsi : « 11 parait vraisemblable que si Sully entretint quelquefois le Roi du projet de confédération européenne, ce prince, qui désirait vivement le bonheur des hommes, accueillit cette idée comme une des plus belles spéculations qu'on ne peut jamais se flatter de réaliser et qu'arrêté au premier examen par des difficultés insurmontables, il n'y donna pas une attention sérieuse » (p. 198). Cf. Zinkeisen, III, p. 869-881. Dans une lettre que le Grand Vizir adressa de Belgrade à Henri IV, en janvier 1601, on lit : a Si vous auez besoin qu'on vous enuoye une grande armée nauale Impériale et s'il est nécessaire que i'y
aille moy-mesme faites le nous sçauoir par vne lettre d'amitié
Pour ce qui regarde les pays du Roy de Vienne, si Vostre Maiesté veut assaillir ceux qui sont de son costê, nous attaquerons ceux qui sont du nostre. » (Mém. du duc de Nevers, II, p. 847-848.)
pour lui affirmer que l'intention « était seulement d'aller établir les princes de Brandebourg et de Neubourg en leur héritage sans entreprendre ni faire aucun autre exploit. » Telle était la portée, tels étaient les seuls préparatifs de la guerre si soudainement résolue ». Et l'illustre académicien révèle une autre cause secrète d'armement : « Le Prince de Gondé enlevait sa propre femme, Charlotte de Montmorency (le 29 novembre 1609) et se réfugiait à Bruxelles; Henri IV hurla de douleur et déclara la guerre, déclarant qu'il irait chercher sa maîtresse à la tète de 25.000 hommes1 ».
La Confédération européenne, d'après le système de Sully, devait se composer de quinze états : 1° l'Empire Germanique; 2° l'Etat du Saint-Siège; 3° la France; 4° L'Espagne; 5° l'Angleterre; 6° la Hongrie; 7° la Bohême; 8° la Pologne ; 9° le Danemark; 10° la Suède; 11° la Lombardie ; 12° Venise; 13° la République Italique; 14° la Hollande; 15° la Suisse.
On remarquera que Sully ne souffle mot de la Russie, qui, à cette époque était considérée comme un Etat asiatique. Relativement aux pays roumains, voici comment en disposait Sully : « La Valachie et la Moldavie auroient été réunis à la Hongrie »2. Il ne parle pas du partage des autres possessions turques. Mais les Turcs, comme les Moscovites d'ailleurs, étaient exclus de la République chrétienne ; on devait leur faire une guerre sans relâche, s'ils ne consentaient pas à quitter l'Europe de bon gré : « Il proposerait aux Etats entrés dans l'association de fournir, chacun proportionnellement à sa puissance et à ses ressources, un contingent de troupes suffisant pour faire une guerre sans relâche aux infidèles... Les personnes et les biens des Turcs étaient respectés; on leur donnait le laps d'une année pour opter