IL FAUT AMADOIF.R LA POULE
réoiilier, correct; plus de perruques de débardeur, de la distinction, de la tenue, gants serin à 29.
Zéplivrin s'approcha familièrement de madame Louchard, el. après avoir j-etouché sa coiffnre, lui adressa quelques paroles à Toreille. (lelle-ci sourit a<i;réal)lement , et dit, en se tournant vers la cantonnade :
— Mesdemoiselles, c'est demain dimanche; M. Zéphvrin veut bien vous inviter à une promenade à Romainville... Il y aura des ânes...
Il faudrait connaître la langue musicale de M. Sudre pour rendie laccent d'amertume et de raillerie avec lequel cette phrase fut prononcée. Euphrosine ne répondit pas; elle avait pris son ])arti : tout cela était évidemment trop mesquin.
— jNou, non, s'écria-t-elle dès que le tiacre se fut éloigné, ce n'est plus la mort cachée, ignorée, qu'il me faut; c'est la mort en plein vent, à la campagne, à la face du ciel, sous tes propres yeux, monstre!... Demain, il y aura des ânes, dis-tu, à Romainville; eh bien! je choisirai l'animal le plus fougueux, le plus sauvage, et je veux qu'il m'entraîne n'importe où... J'irai finir ma vie dans le fond de quelque précipice... connue Mazelta...
La journée du lendemain fut pour la sensible Euphrosine une série de chagrins et de vexations. Elle eut le plus mauvais àne de la société; un de ces ânes sans amour-propre, que, ni la persuasion, ni les épingles, ne peuvent faire marcher.
Madame Louchard triomj)liait au contraire; Zéphyrin n'avait d'attentions et de cajoleries que pour elle. Il s'était tait son premier écuver. Madame Louchard était montée
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siii' iiii àiitMl un li'iii|t('i'aiiit'iil cxtraordiiiaiit'. (|iii Nolli^cail, gal(i|)ai(, caracolaii à ^(»l(tlll(''; un Nolcan. nn anuturd'ànc.
A llicnic (In dîner, on revint par la ii,raii(l(' allée de la lonM; Ions les ânes. ('lecliMses par lein- éenrie, allaienl. eonnne le \eiil. Madame Loneliard était en tète, léndani les airs, éclievelée, délirante; Zéph\rin lui-niéine avait peine à la suivre. On criait : « Vive madame [.oucluird! » (piand tout à coup son àne tait nn chassé -croisé, la selle tourne, et voilà la perle des amazones qui tombe à la renverse sur le gazon.
On la crut blessée ; mais elle n'était qu'émue.
Dés qu'elle fut remise sur ses jambes, son premier mou- \ement fut de s" écrier d'un ton désespéré: — -Et mon tour! mon tour!
— - Preuve qu'elle pens(> toujours à Zéphyrin, se dit Euphrosine.
Le tour était resté sous l'une, qui se roulait sur le gazon.
On transporta madame Louchard à l'auberge du Tourne- Bride. Zéphyrin, qui voyait que son plus grand chagriii était de se sentir décoiffée, était déjà en fonctions, les manches retroussées, les pincettes en main. Toutes les jeunes filles étaient occupées à rendre la l'orme humaine au chapeau de madame Eonchard.
— Xe craignez rien, dit Zé[)hvrin à I infortunée corselière, tout sera bientôt réparé, ohî ma |)oule...
— Sa poule! sécrie Euphrosine sur le point dCclati'r. Zé'pinrin lui uiai'che Moh-unnenl siu' Torteil :
— Aidez-moi donc au moins, lui dil-il eu alléclant de la hi-ns(pier, vous qui êtes la a me icgarder les bras croisés... Tenez-moi cela...