‹ Cent proverbes (volume 2)Chapitre 14 sur 156 · IL FAUT AMADOUER LA POULE · texte numérisé non relu

IL FAUT AMADOUER LA POULE

dans la rue dos Cinq-Diamants : c'était à la l'ois \aporeux et monumental. Madame Louchard j)arut rajeunie d'au moins cinq semaines : son tour, c'était sa vie.

Zépliyrin retraversa la boutique comme l'éclair, sans même jeter un mot, une œillade au comptoir. Et cependant Euphrosine était Là!... Elle est là, ton Euphrosine, ingrat coiffeur!

— Ah! c'est trop fort! dit Euphrosine en elle-même; ne ])as daigner me gratitier du simple coup d'œil que se doivent au moins les personnes bien élevées!

Elle regretta de n'en avoir pas fini la veille. Mais qu'importe? Le charbon est tout prêt; et, pour ne plus souffrir, pour se venger dun être atroce, que faut-il'?... Un moment de résolution et une allumette chimique.

Madame Louchard et son tour sortirent pour allei* faire des visites. Alors Euphrosine n'hésite plus, elle prend un prétexte pour monter à sa mansarde; mais, au moment oi^i elle va quitter le comptoir pour accomplir son fatal dessein, l'Amour paraît dans la boutique.

Oui, l'Amour lui-même, représenté par Zépliyrin, qui tient sur ses deux poings deux perruques de débardeur qu'il va porter dans le voisinage pour un bal masqué du soir.

11 se place devant Euphrosine; il s'écrie en agitant ses deux perruques :

— Oh! mais quoi!... Qui?... Toi?... De moi?... Pour elle?... Non... Ciel!... Terre!... Mort!... Enfer!!!

— Ah! je te comprends, s'écrie Euphrosine; mais explique-toi.

— Non; vois-tu, ajoute Zéphyrin toujours avec ses deux |)erruques à la main, dans les veines de ce bras-là bouil-

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IoihkmIii ?an<i' (rarlisic... Oui, moi, je végéterais! J'emploiciais (•tei'iicliciiKMil mon exislence d'homme à erèper et à poiidfei' (les eriiiières!... Initie'.... .laiine larl (M1 grand, il me l'aiil la earriei'e du It'nor... .l'ai 1'///; oin. I tit...

Olil Miitliild.'. iilo!...

Luc sonnette se iait enl(Muli'e à l'extrémité de la ru(\ — -■ On Y va ! s'écrie le coilTeur de l'avenir.

— Arrête, oh! arrête, dit Enphrosine ; pins (pinn mot...

Mais Zéphyrin ne l'entend pins; il est df"].! dans la nie, il lève en l'air ses denx perrnqnes, et les secone d'un monvement frénétiqne en criant: « Honrrah ! »

— Il m'aime encore! se dit Enphrosine; mais comment accorder ces prenves d'amonr avec ce qn'il est ponr madame Lonchard*?... Zéphyrin, Zéphyrin, mangeriezvons à denx râteliers?

dépendant, malgré cette idée, la jonrnée hit meillenre |)onr Enphrosine qnelle n'anraitcrn. Mais qne devint-elle, et qnelle nonvelle secousse, lorsqne madame Lonchard, rentrant vers qnatre heures, dit en traversant la Ixinticjue : ■ — Je vais ce soir aux Folies-Dramatiques avec Zc'phyrin !

A ces mots, le corset qn' Enphrosine achevait lui toinha des mains. Ses yeux se fermèrent; elle fut sur le point de s'évanouir; mais elle pensa qne ce serait assurer le trionq^he de sa rivale, et parvint à reprendre son sang- IVoid et son corset.

A six heures précises, un fiacre s'arrêta devant la hontique; c'était encore l' Amonr; mais cette lois. l'Amour

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