LES PETITS UIISSEAIX FONT LES GRANDES UI VI ÈRES
Mais voici que tout à coup s'élève de terre une ville d'Orient avec ses fontaines odoriférantes, ses dômes, ses minarets, ses tours en ])ierre dorée; c'est Bagdad du temps du célèbre Haroun-Alraschild. Un pauvre jeune homme s'avance et déplore la perte de ses biens ; on apprend par son récit qu'il est devenu le plus pauvre particulier de Bagdad : mais un moment après il est l'honnue le plus riche et le plus ])uissant de la ville, car le voilà assis sm* le trône du kalife lui-même; il est vêtu de brocard, d'or et de perles, entouré d'eunuques noirs, d'émirs et de dames de la phis grande beauté, qui attendent un d(^ ses regards. Chacun le reconnaît ; c'est ce l)on Abou-Hassan , le Dormeur Eveillé;
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on ;i|)j)l;ni(lil. — (Tcsl moi, dit à dciiii-Noix un vicillaid en lialtil (le hralinianc . caclu' dans loinhi-c, qui suis le M-rilal)l(' aulcur de colle \i\(' cl brillante comédie; moi, (|ui ne suis |)onrlanl (|u"un pauvre \i(Mi\ pi'ovcflx' ([u'on appelle:
I, A K 0 H T V s E \ 1 K N T EN D O U M A N T .
Au mèmeinslanl, une di\inilé descend sur un nuage; ccst la Vérité. Elle oumv un liM'c d'or, qui n'est autre que le livre des proverbes, et elle trace au premier l'euillet cette phrase au milieu de tant d'autres du uième geure que Rabelais, Cervantes, La Fontaine, Molière, Boileau, Sterne, Lesage, n'ont pas dédaigné d'inscrire de leur propre main dans ce registre immortel.
Je renonce, Mesdames, à vous décrire toutes les scènes drolatiques, mythiques, allégoriques, comiques, satiriques ou môme pastorales , que représentèrent successivement les étranges magiciens qui s'étaient tout à coup emparés du })arc et du chtiteau. Mais je vous laisse à deviner quel lutrétonuement des personnes que nous avons vues dans le milieu du jour réunies sur la pelouse et accablées d'un si mortel ennui. lorsqu'à leur réveil elles se trouvèrent transportées, connue j)ar enchantement, dans le château, cl se virent revêtues d habits de théâtre, poudri'es, l'artlées, prèles enlin à ligurer dans toute esj)èce de com(''dies.
(Ml entendit aussitôt sonner mie clo(li(>. mais (|ui. celle fois, n'avait rien de diabolicpie ; — celait la cloche du diner. On passa dans la salle à manger; une |)orle à deux ballants s'ouvrit , el on a]>ercul une galerie où se trouvait un théâtre (pii axait dû être inq)roviséen moins de (piehpies heures. Le rideau se leva, et on vit s'avancer, en costume de
Bacchus, le chevalier, qui dit, après s'être incliné profondément : — Le proverbe, Mesdames, que nous allons avoir l'honneur de représenter devant vous ce soir, a pour titre...
— Comment! nous allons représenter un proverbe!... Est-il vrai?... Se peut-il?... On applaudit de tous les côtés; on cria vivat aux proverbes qui s'étaient si bien vengés par eux-mêmes en se faisant commenter, conter, orner et mettre en scène par leurs détracteurs. — Mais enfin , le titre du proverbe que nous allons jouer?...
— Le titre du proverbe , Mesdames , dit le chevalier en avalant un verre de vin de Champagne, est :
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ou IL NE FAIT PAS DIRE :
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