‹ Cent proverbes (volume 2)Chapitre 33 sur 156 · MOINE QUI DEMANDE POUR DIEU · texte numérisé non relu

MOINE QUI DEMANDE POUR DIEU

(h'icmiaiont ; le? tiède? rayons d'un soleil du mois de mai cliucelaient sur les cristaux, qui renvoyaient des gerbes diamantées. Dans une chambre voisine, on entendait une voix claire el vibrante qni chantait sur divers tons :

Oh! oh! oh! qu'il était beau, Le postillon de Lonjumeau!

— Ce cher enfant! il s'amuse, dit la dame en tournant vers la jiorte entre-bàillée un regard plein de sollicitude maternelle.

— Eh! notre AHVed court sur ses onze ans, s'écria le monsieur. Tandis quil s'anuise, nous devons penser à son a\enir; il est temps d'y songer. Qu'en ferons-nous?

— Fait(>s-en un ])hilanthrope, répondit le jeune homme.

— Un philanthrope? dit la dame en lançant un regard interrogateur.

— Eh! ne voyez -vous pas, ma chère Hortense, que Georges en veut toujours à ce digne M. de Suriac, dont je lui citais tout à l'heure les admirables traits de charité.

— Une charité qui ne l'empêche pas de vivre en un fort bel hôtel.

— Ne voulez-vous pas que, par bonté d'àme, il se loge dans un grenier? Mais tenez, jai justement à parler à M. d(^ Suriac pour affaire qui concerne le liurcau de bienfaisance de son arrondissement; accompagnez-moi dans ma visite; vous verrez cet honnête homme , vous l'entendrez et le jugerez mieux.

— Soit, dit (ieorges, je ne serai pas lâché de Noii' la plulaiillir()|)ie dans son iiiléricur.

M. et madame de IManlade se levèrent de table, la dame

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