MOINK QUI DEMANDE POL'R DIEU
de salin ; c'est ap])areiiiinent pour faire en plus galant équipage les honneurs de ses bals charitables.
M. de Plantade ne répondit rien; mais, prenant le bras de sa femme, il l'entraîna vivcincnl après avoir lancé un regard furibond à son jeune parent.
La plupart des personnes qui auraient entendu Georges auraient ftiit comme M. de Plantade. En vingt endroits la n'jnitation de M. de Suriac était solidement établie; on en parlait comme d'un homme austère, grave, voué dès sa jeunesse à l'étude des plus sérieuses questions sociales, qu'on était sur de rencontrer à la tète des fondations utiles et des comité»; philanthropiques. Cependant, quelques personnes gangrenées par l'incrédulité du siècle hochaient la tète à cette renommée de vertu ; l'association du dévouement et du luxe, de la richesse et du désintéressement, leur paraissait tout au moins douteuse.
A quelque temps de là , on apprit que madame de Suriac , en l'absence de son mari, avait fait renouveler le mobilier de son hôtel.
— Un bienfait n'est jamais perdu, dit Georges. Voilà ce ([ue c'est que d'organiser des concerts au profit des vignerons grêlés.
— C'est bien la peine de médire, s'écria M. de Plantade; ne sait-on pas que M. de Suriac s'est intéressé dans une entreprise de fers galvanisés (jui rapporte de beaux bénéfices?
— Vraiment, je suis heureux d'apprendre que M. de Suriac possède une de ces charités qui ne vont pas jiisqu'à proscrire la spéculation.
M. de Plantade lui tourna le dos.
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Un |)(Mi plus tard, M. de Siiiiac se rciulit acqiK'i'dir d'mio l(M"ine en Beaiicc. i'.vWv a('([nisili()n suivit do [)r('s la londalion d'un coniilé contrai pour los socours onv(n(''s à do corlains inoondiôs du Laiifijuodoo.
— 11 ost avoc la philanthropie dos aoooniinodonionls, dit n(M)r^'os (oui has.
— La hollo at'fairo! Ignoroz-vous qu'une |)arlio dos fonds (le M. de Suriae était placée sur les actions du chemin de for d'Orléans? Faut-il (pie lui seul ne prolite j)as d'une hausse"?
— Sans doute; charit('' hion ordoiniée conniienco [)ai"soi. M. de Plantade donna un Anaeux coup de canne conlre
nu meuhlcj et sortit.
Un peu plus tard encore, après l'adoption par le ministère d'un système de réforme philanthropicpie applicahle aux maisons de détention, et imaginé par M. de Suriae, on \it l'ingénieux réformateur acheter un htitel dans la Chaussée-d'Autin. Pour le coup, M. de Plantade ne chercha point à dissimuler son étonnement.
— Je ne le savais engagé dans aucune spéculation, dit-il.
— Bah! répondit Georges; de l'aisance à la forlune le plus court chemin est la charité.
— Ne raillez jias, mon cher; cet achat me sm-prend surtout dans les circonstances actuelles; M. de Suriae se plaignait à moi dernièrement de n'avoir plus même un hillet de cinq cents francs disponihlc pour les besoins du bureau de bienfaisance dont il est un des administrateurs. Je sais encore (pie tout son temps était pris par les conférences auxquelles a donné lieu son projet de réforme pour