‹ Cent proverbes (volume 2)Chapitre 57 sur 156 · A CHAQUE FOU · texte numérisé non relu

A CHAQUE FOU

\a' siillaii , iiK'c'onlcnt de cotte réponse , regretta de n'avoir ])as l'ait couper le cou à Schelierazade; il eut même uu moment la velléité de se livrer à cette fantaisie pour se distraire; il résista néanmoins à ce désir, en se répétant ces mots mémorables : Un sultan n'a que sa parole. Cette victoire remportée sur ses passions mérite d'être signalée, surtout chez un monarque aussi absolu que l'était Schahriar.

Cependant le sultan maigrissait à vue d'œil, et restait plongé dans une mélancolie profonde; son nain favori, son fou qu'il aimait tant, ne pouvait parvenir à le distraire; le malheureux fut même exilé de la cour. Les courtisans , forcés de maigrir comme leur maître et de feindre uiu" désolation immense , résolurent de tirer leur souverain d'un étal qui pouvait compromettre leur tempérament et affecter leur intelligence. Les ministres et les grands de la cour se réunirent en conseil; on y appela la sultane Schelierazade, qui avait déjà réussi une fois à dissiper l'immeur noire de son époux , et dont la réputation de sagesse commençait à se répandre dans tout l'Orient.

Quand le conseil fut réimi autour d'ime table recouverte d'un tapis vert, selon l'étiquette orientale, le visir prit la parole en ces termes :

Messieurs et cliers collègues.

Ainsi qu'il convient à des sujets fidèles et (lé\oués, nous ne devons pas avoir de souci plus grand que le bonheur de notre maître. ( Très-bien. ) La santé , s'il faut en croire le poëteFerdoussi, est la clef du bonheur; (Assentiment.) l'ennui, dit le philosophe Al-Fliarbi, est la j)ire des maladies.

LOtav^vow Vv\V \c \a\v\o\\.

PLAIT SA MAROTTK. 145

Notre maître s'ennuie, donc il est malade. (Sensation.) Si mes l'ail)les lumières ne me tout pas dél'aiil, le |)r()l)lèmu ([lie nous sommes appelés à résoudre est eelui-ei : étant donné un prince qui s'ennuie, quels sont les moyeus les plus propres à le guérir?

Une voix. — C'est cela.

De tous côtés. — Très-bien ! très-bien '

Le visir. — Je ne vous dissimulerai point, Messieurs et chers collègues, que notre tâche est grave ; mais avec l'aide du Prophète, nous la remplirons courageusement, ne demandant d'autre récompense que celle d'avoir sauvé le prince et l'état. ( Acclamations prolongées. )

Après ce speech, les membres du conseil prirent la parole à leur tour. L'un proposa d'engager Schahriar à apprendre à jouer aux échecs; l'autre demanda qu'on lui achetât sept ou huit Circassiennes , et davantage s'il le fallait; celui-ci voulait qu'on fît venir d'Europe des montreurs d'ours et des danseurs de polka; celui-là offrait d'ouvrir un théâtre oîi l'on jouerait la comédie et le vaudeville ; aucun de ces moyens n'obtmt la majorité.

Le visir, se tournant vers Scheherazade , lui dit alors : — Madame , soyez assez bonne pour nous donner votre opinion.

-T- Volontiers, répondit la sultane, écoutez-moi avec la plus grande attention. 11 v avait non loin de Bagdad une chaumière habitée par un pauvre bûcheron. In jour \\n calender vint fra[)per à la porle

Nous supprimons le reste du conte , pour qu'on ne nous

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