‹ Cent proverbes (volume 2)Chapitre 86 sur 156 · QUI QUITTE SA PLACE · texte numérisé non relu

QUI QUITTE SA PLACE

Dorothée ; la ligure d'Anselme n'exprimait pas non plus une grande satisfaction. Il est évident que l'éternelle réponse de la jeune tille commeuce à les l'aligner tous deux. De la résolution (pi'ils vont jn-endre dépendi-a leui' succès. Tâchons de savoir ce qu'ils méditent. fSte'nn rentre.)

Stenx. — Décidément il faut en linir. Mon moyen est excellent. J'irai, s'il le faut, jusqu'au suicide.

Le choeur. — Fichtre !

Stenn. — Oui me parle ?

Le choeur. — -C'est nous, ami Stenn, nous sommes le chœur antique ; notre emploi est de consoler, de raffermii* le héros, et de lui donner d'excellents conseils.

Stenn. — C'est le ciel qui vous envoie. Figurez-vous que jadore mademoiselle Doroll^'c, la lille de Liehmann , le riche marchand.

Le choeur. — Connu.

Stenn. — J'ai un rival qui se nomme Anselme. La petite ne veut pas se prononcer entre nous ; j'ai trouvé une ruse qui l'y forcera.

Le choeur. — Voyons.

Stenn. — Je quitte la ville dès ce soir, et je vais m'étahlir à une vingtaine de lieues d'ici. Chaque jour j'écrirai une lettre à Dorothée. Je connnencerai par des plaintes tendres, je continuerai par des lamentations, et je terminerai par des menaces de mort. 11 tant effrayer les jeunes tilles pour en être aimé. Dorothée ne résistera pas à mon éloquence; elle donnera en plein dans le roman; sa tète s'exaltera, et je l'éjiouserai. Que pensez-vous de ce ])rojet ?

Le choeur. — Fuh ! euh ! euh !

i.A l'Kin). 221

Stenn.^ — ^ Merci de \olri' appixjbalioii. Je coiti's le incltro à exécution. '11 sort; Aiisclnio ciilrt'.)

Anselme. — (Icla ik; |)ciiI diiicr daNaiilaj^c ; il l'aiil altsoliinuMil qu'avaiil liuil jouis je sache à (|iioi iu"eii teiiif.

Le choeur. — Eh ! pail»leii. xoila retmhaiii Aiisehne.

Anselme. — Oui ètes-vous?

Le cuoEiR. — .Nous sommes le chœur anti([uo; noh-e emploi est....

Anselme. — De consoler, de raU'ermir le héros, et de lui donner d'excellents conseils; mon professeur de rhétorique me Ta appris. Sachez donc, ])uisque vous moffrez vos services, que je suis amoureux, à en perdre la rime, de mademoiselle Dorothée, la fille de Liehmann, le riche marchand. J'ai un rival qui se nonune Steun. La friponne hésite entre nous deux; j'ai décou\ert un moyen de forcer son choix.

Le choeur. — Lequel?

Anselme. — Je cultiverai la connaissance du vienx Liehmann ; mie fois dans la maison, j'entourerai la tiUe de j)etits soins et de délicates attentions. On ne réussit (pie par la patience auprès des femmes. Je serai sans cesse auprès d elle, elle s'hahituera à moi, et je deviendrai sou mari. Ouel est votre avis là-dessus ?

Le choeur. — Eh ! eh ! eh !

Anselme. — Je vous comprends parfaitement. Je cours me faire présenter chez le vieux Liehmann. 11 sort.)

Le choeur. — Le projet de Steun me paraît hou; mais le moyen d'Anselme n'est pas mauvais. L'un s'adresse à lima- «jçination, l'autre à l'hahitiide ; lequel des deux lriom|)hera ? Attendons ; les drôles commencent à deveuir auuisaiits.

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