‹ Cent proverbesChapitre 101 sur 257 · A CHAQUE FOU PLAIT SA MAROTTE · texte numérisé non relu

A CHAQUE FOU PLAIT SA MAROTTE

rompre ses méditations. Ferruch avait pardonné à sa femme; il Taimait trop pour la quitter un seul instant. Ahmet, saisi au passage, s'était échappé des mains des gardes, disant qu'il aimait mieux mourir que de renoncer à un pèlerinage qui devait lui assurer le ciel. Les autres malheureux mirent en avant des prétextes semblables pour ne pas renoncer à leur malheur.

Schahriar commençait ii trouver que pour se distraire il aurait mieux valu faire couper la tète au vizir, aux ministres et aux grands de la cour, lorsque Scheherazade se tourna vers lui, et lui dit avec cette voix douce que les poètes lauréats de Bagdad comparaient au murmure d'une fontaine : — Prince, que ceci vous serve de leçon; il n'y a de malheureux que ceux qui n'ont pas de désirs : alchimie, philosophie, amour, dévotion, tout ce qui remplit le cœur contribue à la félicité.

— Ces gens-là ne se trouvent pas malheureux , reprit Schahriar au comble de Fétonnement; mais ils sont fous!

— A ciiAQCE FOL PLAIT s\ MAROTTE ! s'écria un petit homme contrefait qui s'était glissé au milieu des courtisans, rends-moi la mienne, si tu veux que je vive.

En même temps , le nain favori se jeta aux pieds du sultan. Schahriar réfléchit pendant quelques instants; puis il daigna sourire à toute la cour. Il faut, dil-il. une passion à l'homme; j'ai déjà choisi la mienne. Un témoin oculaire de cette histoire raconte qu'en prononçant ces mois, il regarda tendrement la sultane.

Ce que femme veut, Dieu le veut.

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