NE MORD PAS
Il ne mord pas sans doule pendant qu'il aboie, mais après? — Cependant c'est un fait reconnu qu'il mord beaucoup moins que celui dont la colère est muette ; et cela suflit pour confirmer le proverbe que nous avons emprunté aux anciens. Quinte-Curce nous apprend, dans son //w/o/re d'Alexandre le Grand, ([u'il était usité chez les Bactriens: Apud Dactrianos vukjo usurpabanl canem tiniiditm veheinentius lalrare quam mordere (lib. vu). Il s'emploie dans le sens figuré pour signifier que ce ne sont pas ceux qui font le plus de bruit qui sont les plus à craindre. — Tel menace f/ui a peur, suivant un autre proverbe qu'on trouve dans le roman de Jaufre : Ta la menassa c'a paor.
Les Basques disent sans métaphore : Mehaxu ponisuac (jvpida diiu escuac, — celui qui menace à grand hruil veut épargner ses mains.
La menace à grand bruit ne porte aucune atteinte, Elle n'est qu'un effet d'inipuiss;uice ou de crainte.
(COIiNEiLLE.)