‹ Cent proverbesChapitre 137 sur 257 · LA PERD · texte numérisé non relu

LA PERD

Anselme. — Ilélas! iiclas ! vous me désespérez.

(il sort.) •

Le choeur. — Stcnn n'était pas content quand il a quitté Dorothée; la ligure d'xAnselme n'exprimait pas non jilus une grande satisfaction. Il est évident que l'éternelle réponse de la jeune fille commence à les fatiguer tous deux. De la résolution qu'ils vont prendre dépendra leur succès. Tâchons de savoir ce (|u'ils méditent, (stenn rentre.)

Stenn. — Décidément il faut en finir. 3Ion moyen est excellent. J'irai, s'il le finit, jusqu'au suicide.

Le CHcœua. — Fichtre !

Ste\x. — Qui me parle ?

Le cnoEUR. — C'est nous, ami Stenn, nous sommes le chœur antique ; notre emploi est de consoler, de raffermir le héros et de lui donner d'excellents conseils.

Stenn. — C'est le ciel qui vous envoie. Figurez-vous que j'adore mademoiselle Dorothée , la fille de Liebmann, le riche marchand.

Le CHOEiiR. — Connu.

Stenn. — .lai un rival qui se nomme Anselme. La petite ne veut pas se prononcer entre nous; j'ai trouvé une ruse qui l'y forcera.

Le cnoEDR. — Voyons.

Stenn. — Je quitte la ville dès ce soir, et je vais m'établir à une vingtaine de lieues d'ici. Chaque jour j'écrirai une lettre à Dorothée. Je commencerai par des plaintes tendres, je continuerai par des lamentations, et je terminerai par des menaces de mort. Il faut effrayer les jeunes filles pour en être aimé. Dorothée ne résistera pas à mon éloquence; elle donnera en plein dans le roman; sa tête

s'exaltera, et je l'épouserai. Que pensez-vous de ce projet? Le cnoELR. — Euh ! euh ! euh !

Stenn. — Merci de votre approbation. Je cours le

mettre à exécution, (n son. Anselme entre.)

Anselme. — Cela ne peut durer davantage; il faut absolument qu'avant huit jours je sache à quoi m'en tenir.

Le cuoEun. — Eh! parbleu, voilà l'étudiant Anselme.

Anselme. — ■ Qui ètes-vous?

Le ciiOEi!!. — Nous sommes le chœur antique; notre emploi est...

Anselme. — De consoler, de raffermir le héros et de lui donner d'excellents conseils. Mon professeur de rhétorique me l'a appris. Sachez donc, puisque vous m'offrez vos services , que je suis amoureux , à en perdre la rime, de -mademoiselle Dorothée, la fille de Liebmann, le riche marchand. J'ai un rival qui se nomme Stenn ; la friponne hésite entre nous deux : j'ai découvert un moyen de forcer son choix.

Le ciiOEin. — Lequel? " -

Anselme. — Je cultiverai la connaissance du vieux Liebmann. Une fois dans la maison, j'entourerai la fille de petits soins et de délicates attentions. On ne réussit que par la patience auprès des femmes. Je serai sans cesse auprès d'elle, elle s'habituera à moi, et je deviendrai son mari. Quel est votre avis là-dessus?

Le choeur . — ^ Eh ! eh ! eh !

Anselme. — Je vous comprends parfaitement. Je cours me faire présenter chez le vieux Liebmann. (n sort.)

Le cnoELK. — Le projet de Stenn me paraît bon; mais le moyen d'Anselme n'est pas mauvais. L'un s'adresse à

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l'imagination, l'autre à l'Iiabitutle; lequel des deux triomphera? Attendons; les dnMes commencent à devenir amusants.

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