EST LA BONNE
Proverl»' fri's-liicn expliqué p;ir ce passa.ee de l'Évangile : « Jésus, élant assis un jour près du tronc des pauvres, regardait de quelle manière le peuple y jetait de l'argent. Il vit plusieurs riches qui y en nieltaient beaucoup; il vit
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aussi une pauvre veuve qui y déposait deux: petites pièces de monnaie de la valeur d'un quart de sou. Et il appela ses disciples, et il leur dit : « En vérité, je vous le dis, cette pauvre veuve a rais plus que tous les autres, car tous les autres ont mis ce dont ils abondaient ; mais elle a rais ce dont elle manquait , tout ce qu'elle avait pour vivre. » (S. Marc, ch. XII. — S. Luc, ch. XXI.)
C'est par allusion à ce fait que nous appelons de.mer DE i.v VEUVE ce que le pauvre donne par charité en le prenant sur son nécessaire, c'est-à-dire la bonne, la meilleure aumône : car le mérite de l'aumône se mesure sur le sacrifice qu'elle a imposé.
La libéralité du pauvre est la meilleure libéralité (Prov. arabe) .
« Les Provençaux, dit M. Mistral, appellent aumône fleurie, aumorno flourido, celle c{ue le pauvre qui l'a reçue donne à un autre pauvre; poétique locution qui signifie par extension un rare bienfait. » (Note du poëme de Mireillo, ch. XII.)
J'ajouterai que cette locution s'employa primitivement au propre pour désigner les palmes et les branches d'arbrisseau bénites du dimanche des Rameaux ou de Pâquesfleuries, parce que c'était autrefois un usage pieux, non entièrement abandonné aujourd'hui dans nos contrées méridionales, de suspendre à ces branches des tourteaux, des oranges et d'autres comestibles ou fruits qu'on distribiwit aux desservants de la paroisse et aux enfants de la maison , après avoir prélevé la part du bon Dieu pour les pauvres.
L'expression d'aumône fleurie offre d'ailleurs quelque analogie avec cet adage ingénieux usité en langue romane :
L\ BONA AL5I0SNA DEU ESSER FLOR ET GRA, la bonue aumÔUe