‹ Cent proverbesChapitre 148 sur 257 · LES LOCPS XE SE MANGENT PAS, ETC · texte numérisé non relu

LES LOCPS XE SE MANGENT PAS, ETC

contre les autres;... hors de là, ils s'entr'aiment, s'entr' entendent et s'entre-suivent comme font larrons en foire. » (Fol. 110, v°.)

Les latins disaient : Canis non est caninam. — Le chien ne mange pas de la chair de chien. Proposition plus exacte que celle par laquelle on l'a remplacée; car BufTon assure que les loups s'entre-dévorent et que . si l'un d'eux est grièvement blessé, ils le suivent à la trace de son sang et s'attroupent pour l'achever. II ajoute qu'il n'y a que le loup qui mange volontiers du loup.

Les Italiens ont encore le proverbe suivant : // lupo mancjia ogni carne e lecca la sua. — Le loup mange de toute chair et lèche la sienne. Je ne sais s'il faut le prendre pour une confirmation ou pour une réfutation du premier; mais la vérité exige qu'il soit pris dans le sens conforme à l'opinion exprimée par Buflbn et par tous les naturalistes.

Les deux hommes-loups, si drôlatiquement dessinés par Grandville, sont deux chicanoux de la pire espèce, hurlant à qui mieux mieux dans le prétoire, l'un pour les intérêts de Jean, l'autre pour ceux de Pierre, et. hors de là, déposant leur feinte colère, se pressant les mains, rapprochant leurs museaux, devant la porte d'un restaurant oii ils vont s'attabler amicalepient, à la grande stupéfaction de Pierre et de Jean, dont la figure bouleversée, à l'aspect inattendu de ce qui se passe, témoigne qu'ils ont bien compris que, sans pi'endre part au repas, ils seront obligés de payer l'écot.

Cette scène me paraît être la mise en œuvre de l'opinion exprimée, en Auvergne, contre les avocats, dans une phrase proverbiale que voici : « Quand ils plaident, vous croiriez qu'ils vont se mordre et s'avaler; mais en quittant l'auijience, ils vont diner ensemble et manger l'argent du pauvre plaideur. »

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