BON FAIT VOLEH BAS A CAUSE DES BRANCHES
Trois semaines après, il le répétait de plus belle et avec plus de raison.
Pendant ces trois semaines, en effet, le sort des armes avait changé. Aidés par deux, compagnies de mille hommes que les Parisiens leur avaient envoyées, et d'intelligence avec une notable minorité des bourgeois de Meaux, les Jacques avaient pourtant échoué devant cette forteresse. Une seule défaite suffît pour dissiper avec leurs folles espérances le prestige de leurs victoires passées. De tous côtés les compagnies d'aventure, les bandes anglaises, les milices' bourgeoises, traquèrent comme des bètes féroces les armées de Jacques Bonhomme. Les plaines de la Champagne et de la Picardie furent rougies de leur sana: et s' en graissèrent de leurs cadavres. Le comte de Foix (Gaston Phœbus), le roi de Navarre et le captai de Buch les enveloppaient de tous côtés, et faisaient grande boucherie de ces croquants.
Enfin, — le soir dont nous parlions, — Guillaume Caillet, tombé dans les griffes de Charles le 31 auvais, expiait le meurtre du sire de Pecquigny, grand ami de ce prince. Ou l'avait jugé fort sounnairement , — condamné, cela va sans dire ; — et, coiffé d'un trépied brûlant, il dansait au bout des branches d'un chêne le seul branle durant
A CAUSR DES BRAXCIII'S.
lequel les pieds ne touchent jamais à terre. En bon français, on l'avait pendu haut et court.
GeoiTroy Thibie. — dont nous avons rapporté plus haut la réflexion philosophique, — avait repris à temps l'extérieur d'un paysan soumis aux seigneurs ; — personne n'avait ouï parler de lui, — et il mourut obscurément de sa belle mort, quelque cinquante ans après ses glorieuses équipées.
On n'a jamais bien su comment il entendait au juste sa maxime (livorite : Bon fait voler bas..., et si les branches en question n'étaient pas de celles oii l'on avait accroclié Guillaume Caillet.
La gourmandise a tué plus de gens que l'épée.
LA GOURMANDISE
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LA GOURMANDISE