PROJETTE PARFOIS UNE GRANDE OMBRE
En effet, il ne nous reste pas autre chose de ce monde de conquêtes qui formait l'empire napoléonien.
L'Europe entière, soulevée contre son oppresseur, est parvenue à ressaisir tout ce qu'il lui avait enlevé. Elle l'a poussé dans ses derniers retranchements.
La France, deux: fois envahie, a mieux aimé pactiser avec les armées alliées que de le défendre. Lui-même, malgré les prodiges de sa stratégie et le dévouement héroïque de ses soldats, a été forcé de se soumettre à la nécessité.
Captif des rois qui étaient naguère ses courtisans, il s'est vu traiter par eux sans miséricorde. Il a été déporté au milieu de l'océan Atlantique, dans une île escarpée, à une distance inlînie des divers continents, et là. pendant six années de cruelles souffrances, il a expié, sous la garde d'indignes geôliers, les finîtes énormes de son ambition et de son despotisme.
Alors les peuples tlont il avait été abandonné se sont épris d'une vive pitié pour son immense infortune; ils se sont reproché d'avoir contribué à sa chute.
Il a été rendu plus auguste ;i leurs yeux par le sacre du malheur que par le sacre d'empereur et roi.
Il est devenu l'objet de leur culte.
Il a reçu les honneurs de l'apothéose. Tous les graves reproches que l'histoire est en droit de lui adresser sont étouffés sous les clameurs du fol enthousiasme que sa gloire militaire inspire à ses partisans. Son empu^e est proclamé comme le modèle des gouvernements ; on n'y voit plus ni les actes arbitraires qui en remplirent le cours, ni les affreuN: désastres qui le terminèrent. Le bien que ce grand potentat voulait faire à la France efface tous les maux qu'il