SE TAIT ET OU LA POULE CHANTE
dans le vers suivant des Femmes savantes, acte V, scène m :
La poule ne doit point clianter devant le coq.
Quelques glossateurs ont prétendu cjue cette variante signifie qu'une femme qui se trouve avec son mari dans une société ne doit pas prendre la parole avant que celuici ait parlé, car le mot devant, suivant eux, est ici une préposition de temps cjui remplace avant, comme dans la phrase de Bossuet : « Les anciens historiens qui mettent l'origine de Carthage devant la prise de Troie, etc. »
^lais il est certain que leur érudition grammaticale les a fourvoyés.
Le véritable sens est qu'une femme doit se taire, ne pas décider, en présence de son mari, et attendre qu'il lui donne langue, comme on disait autrefois.
Un usage de l'ancienne civilité obligeait les femmes à demander aux maris la permission de parler, quand elles avaient quelque chose à dire devant des étrangers.
La preuve en est dans plusieurs passages de nos vieux auteurs, notamment dans le suivant de JMarguerite de Valois, reine de Navarre : « Parlamante. qui estoit femme d'Hircan, laquelle n'estoit jamais oisive et mélancolique, ayant demandé à son mari congé (permission) de parler, dist : etc. » (Préface de V Heptaméron.)
On lit dans un recueil de proverbes persans traduits en latin : quum gallina modo galli canit, mactanda csr, — quand la poule chante comme le coq, il faut lui couper la gorge, proverbe appliqué aux femmes qui veulent cultiver la poésie.
Ce même proverbe existe en France de temps immé-