‹ Cent proverbesChapitre 198 sur 257 · SE TAIT ET OU LA POULE CHANTE · texte numérisé non relu

SE TAIT ET OU LA POULE CHANTE

(c ]\Iais surtout que personne ne porte la dent sur la chair de la victime. »

Les Romains avaient aussi leur superstition sur le chant de la poule.

Ce chant présageait au mari que sa femme le tiendrait sous son autorité.

Donat, grammairien latin du w' siècle, en a lait la remarque dans son commentaire sur Térence en expliquant le sens ligure de l'expression galliiia cecinit. » la poule a chanté », que ce comique a employée, acte IV, scène iv du Phormion.

Il y a dans notre langue beaucoup d'autres proverbes ou locutions proverbiales dont on fait l'application à ce mari qu'on a[)pelait autrefois uxorieux' , c'est-à-dii'e complaisant et soumis aux volontés de son épouse. Je ne citerai que l'expression être sous la. pantoufle de sa femme, parce qu'elle a une origine historique très-curieuse.

Voici cette origine telle qu'elle a été donnée par M. Ghassan, savant auteur de la Symbolique du droil:

« Grégoire de Tours, dans la Vie des Pères, ch. xx, et Ducange au mot calceauienfa, disent que le fiancé faisait présenter un soulier, ordinairement le sien, à sa future épouse. Il paraît même, d'après M. Ryscher, que c'était lui qui l'en chaussait. En se déchaussant, il s'exposait à marcher d'un pas moins ferme et se plaçait ainsi dans une condition infériem'e vis-à-vis de sa fiancée ; en mettant

1. Go mot, employé par nos vieux auteurs et digue d'être conservé parce i[u'il sauverait une périphrase, est le même que le latiu uxorius dont Horace s'est servi dans l'ode H du livre I, en parlant du Tibre débordé pour plaire à son épouse Uie, uxorius aiiuiis.

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