NE RÉVEILLE PAS LE CHAT QUI DORT
ploient au propre, comme une espèce de précepte religieux par lequel ils recommandent de traiter le chat avec douceur , à l'exemple de 3Iahomet. Ils racontent que le Prophète, dans un moment où l'heure de la prière l'appelait à la mosquée, voyant son chat endormi sur la manche de sa robe, aima mieux couper cette manche que de réveiller ce chat favori.
Nous avons aussi l'adage il ne faut pas courroucer la fée, pour exprimer à peu près la même idée que ne réveille pas le chat qui dort. Cet adage est un reste de la croyance aux fées jadis générale en France, oii elle n'est pas encore entièrement détruite dans les campagnes. On distinguait ces fées en magiciennes et en sorcières, en bienfaisantes et en malfaisantes, en bonnes clames et en mauvaises dames, et l'on pensait , conformément à la doctrine de l'Edda , que les bonnes dispensaient d'heureuses destinées , tandis que les mauvaises ne produisaient que des malheurs. La crainte qu'inspiraient celles-ci était extrême , et elle avait donné lieu à plusieurs pratiques superstitieuses, au moyen desquelles on espérait les empêcher de faire du mal. Legrand d'Aussy, dans son Recueil de fabliaux (tome I, page 79). rapporte qu'à l'abbaye de Poissy, fondée par saint Louis . on célébrait, tous les ans. une messe pour préserver les religieuses du pouvoir de ces méchantes fées.