‹ Cent proverbesChapitre 5 sur 257 · IL TE CREVERA LES YEUX · texte numérisé non relu

IL TE CREVERA LES YEUX

— Vous qui êtes si bonne pour tous, pourquoi ctesvous dédaigneuse pour lui seul?

— Oh! Robert, ne m'en veuillez pas! s'écriait alors Lucy. J'ai froid au cœur quand le regard de Snag s'arrête sur moi; son sourire est amer comme une raillerie, et lorsf[ue dans mes promenades j'entends sa voix, je tressaille comme au cri de l'orfraie.

Cependant, tandis que Snag gagnait de plus en plus la confiance de son maitre, des vols étaient chaque jour commis à la ferme. Tantôt un mouton disparaissait, tantôt un bœuf ne renierait pas à l'étable ; les lavandières cherchaient vainement les plus belles pièces de toile étendues le soir sur l'herbe des prairies. Mille murmures circulaient parmi les gens de la ferme à l'heure du repas, les vieux pûtres se parlaient bas à l'oreille en regardant Snag ; mais Snag demeurait dédai.nneux et muet, et nul n'osait dire ses soupçons à Robert Efling.

Parfois Snag s'éloignait aux premières clartés du jour, et ne rentrait qu'après le soleil couchant. Il était alors tout trempé de sueur, et semblait avoir fourni une longue carrière dans les halliers et les marécages, tant ses liabits étaient souillés de fange et ses jambes déchirées par les ronces.

Lorscjuc Robert lui demandait doîi il venait, Snag répondait en riant qu'il avait suivi la piste d'un troupeau de daims.

— Que Dieu vous garde de ce gibier maudit! reprit un jour un vieux chasseur qui avait appris à Robert à tirer ses premiers coups de fusil.

A cjuelque temps de là. Robert pensa que nulle part il ne trouverait cœur plus tendre et beauté plus virginale que le cœur et la beauté de Lucy. Il le dit à sa cousine un

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