‹ Cent proverbesChapitre 4 sur 257 · II. •^li [AIT 1RM1TI · texte numérisé non relu

II. •^li [AIT 1RM1TI

On voit dans les Icireuil.

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QUAND Lli DIABLE DEVIENT VIEUX

IL SE l'AlT ERMITI-:

On voit dans les légendes que plusieurs diables, fatigués de leur méchanceté, y ont renoncé en vieillissant pour embrasser l'état monastique. Par exemple, le diable Puck (vieux nom gothique qui veut dire Satan) est entré au service des donjinicains de Schwerin , dans le Mecklembourg, ainsi que l'atteste le livre intitulé : Veridica ratio de Dœimmio Puck; le diable Bionzet s'est fait moine dans l'abbaye de Montmajor, près d'Arles, et le diable que les Espagnols appellent /^((e/((/e a porté aussi le capuchon'.

I. On lit dans la Dama Diwnde, comédio de Calderon de la Barca : « C'était un diable si petit et il portait un capuchon si petit, qu'à ces signes je crois

li QUAND LE niABLI'; DF.VIEN'T VIIUX. ETC.

C'est pr.b'.ililcnienf îi {■elle flëmonologie que se rattache le p"nverlie. Peiit-c'lro aussi fail-il allusion h l'histoire (le liobort le Dialile, ('uc de .Normandie. Hnhert le Diable, ainsi nonune îi cause de sa conduite pleine de di'sordre et d'irréli.uion , se convei'lit vei'S la lin de ses jours, cl, laissant la couronne à son fils liichard sans Peur, se relira dans un désert pour y faiî'e pénitence, comme on le voit dans le livre intitulé : Vie iht Icrrible Robert le Diohlr, Irpirl r;;;('.s- fii' .uinvniimé FOniiiic-Dicii ; in-/l° i;()llii(jue, f A"o:i , Maresclial, il\dC).

Le j)roverbe s'adresse aux hommes qui viennent à résipiscence après une jeunesse dissipée; mais la malignité l'applique parliculièrement auK femmes que la vieillesse l'ait tourner du nUé t'rs li'anirs, et (pii trouvent dans une dévotion foinic ou réelle le refuge d'une galanlerie repentante ou r.'pudii'e.

On dil de ces pcnilenles rclardalaires q',rc//c.'; ojfreiil a Dieu le.s restes thi démon , pensée originale que j'ai prise poui' l'on 'emciil de l'épigranrvie suivante :

La vioille'Ar.;inoJ, f.iynnl les raillorii.'S Des amniils écliapjii's à ses galantciies, Dévote par dépit, d-ns un nnsl'quc lieu l^iil des resles du diable un Siicrilic à Difii.

qii(^ c'ct.iit I.' ilia'ib' capii'in; n d'à;)'.''; 01i;i.rnvi;i<<, \i' il i:n de U irit le ;i clé fiiMiK'' par c-Tiili'a"tinii dp chieno de ca", ■ , irait;'.' do 1 1 r.nivui.

ELEVE LE (lOlUJEAl

II, TK Ci;i:vr:uA i,i:s vi;l'.\

Vers la fin du \vi' siiTlc. il y avail dans le comté de Diiinfrics. on Ecosse, un lionn'le l'ei'iiiiei" noniini' liobert Ellini;. (jui clail Iiicn le meilleur el le plus vaillant jeune liomme de la contrée.

Robei'l ii"a\ail ni IVère ni steiir; mais Dieu. (\\\'\ ne voulait pas lai l'aire une s ilitude amère. lui avail donne nae cousine, charmante fille aux yeux noii's. f[ui gazouillait aulou!" de la maison connue une fauvette. Quand Eucy accourait au-devant de lui et jetait autour de son cou ses !)eau\ I>:as nus. iwcc ce naïC sourii'c (pie l'innocence fait éclore sni" les lèvres des enl'anls. liobert se sentait le cfriii' jo\ eux et n'aurait [las donné sa lerme pour un royainne.

14 ELRVE LE CORBEAU,

Un jour que Robert passait dans un vallon, il vit un rouge-^-orge sautiller de branche en branche dans une haie de sureaux. C'était bien le plus joli oiseau qu'il eût jamais aperçu; il avait le plumage pourpre, et son bec brillait comme de l'ivoire. Tout à coup, et tandis que le rouge-gorge chantait ses plus mélodieuses chansons, un épervier fondit sur lui du haut des nues. Déjà l'épervier. rasant les buissons de ses serres recourbées, allait ravir le rouge-goi'ge , lorsque Robert Elïing saisit sa carabine et tira sur le bandit ailé. L'épervier tomba, et le rougegorge s'enfonça sous l'asile Henri des sureaux.

Robert Efling achevait de recharger sa carabine, quand une voix, douce comme le soupir d'une llùte, murmura ces mots dans l'air :

— Merci, Robert; tu m'as sauvé la vie; je m'en souviendrai.

Le fermier tourna la tète autour de lui. et ne vit que le petit oiseau qui, de son bec. lustrait ses plumes tout au haut d'une branche.

— Est-ce que je rêve? se dit-il.

-Alais Lucy vint surprendre Robeit en l'embrassant , et Robert ne pensa plus au rouge-gorge.

Or, on vivait en ce temps-là au milieu de rapines et de troubles perpétuels. Toutes sortes de gens sans aveu parcouraient le pays, ne se faisant faute d'attaquer les fermes isolées, de détrousser les voyageurs, de piller les châteaux.

La ferme de Robert Effing. étant une des plus considérables du comté, (entait la cupidité des maraudeurs qui Italtaient la campagne. Un soir, on s'aperçut que plusieurs d'entre eux furetaient autour de la ferme; on se tint sur ses gardes, et durant une semaine il n'en fut plus ques-

IL TE r.Ri: VKIÎA LES YEUX. 1b

tion. Mais, par une nuit sombre, tout à coup on fut réveillé par des cris, des aboiements furieux et des coups de fusil. La bande pillarde venait d'attaquer la ferme. Robert sauta sur ses armes, chacun l'injita, et les cultivateurs, voyant leur jeune maître s'élancer dans la cour dont la porte venait d'être forcée, se précipitèrent à sa suite.

Robert était généralement aimé; ses ouvriers se battirent comme de vieux soldats, et bientôt les bandits, surpris de cette résistance inattendue, prirent la fuite de tous côtés. Plusieurs restèrent sur le terrain, et le reste, vivement poursuivi, se dispersa dans la forêt voisine. Parmi ceux qui tombèrent au pouvoir de Robert, l)lessés ou saisis dans le désordre de la retraite, se trouvait un jeune adolescent à moitié nu. Robert, ému à la vue de cet enfant dont les yeux noirs brillaient sous un front pâli par la terreur, défendit qu'on lui fit aucun mal. Les brigands étaient vaincus; les inslincts généreux de Robert revenaient avec la confiance et la sécurité. Il interrogea le prisonnier.

— Je m'appelle Snag; les gens que vous avez repoussés m'ont enlevé, il y a déjà longtemps, à ma famille qui babite un comté d'Angleterre; depuis lois, je les ai suivis.

— Veux-tu rester avec nous?

— Volontiers.

— Touche là; oublie le passé, deviens honnête, et tu n'auras pas à te plaindre de moi.

Robert fit donner des babils à Snag, le présenta à Lucy, qui ne put retenir un mouvement d'elfroi en voyant sa figure olivâtre et l'éclair rapide de ses yeux sauvages, et malgré les observations des vieux fermiers il l'installa

k; élicvi' li: coud 1- ai:,

dans rinlérieur des bàtimenls. Puis, ([uand toul fut leniré dans l'ordre. Hobert se retira dans sa chambre.

Le lendemain, Sna.i; se niôla au\ travailleurs; c'était le plus leste et le plus adroit des garçons de la terme; nul ne le distançait à la course, aucun ne savait mieux dom;)- Icr un cheval, diriger la balle d'un mousquet, i'ranchir u.i torrent à la nage, griin;)er à la cime d'un arbre. Robert ne tarda pis h le prendre en ailection; son adresse le diarmait. son intelligence bétonnait. Bientôt ce fut à Snag (ju'il conlia le soin de panser son cheval favori, de soigner ses chiens de chasse, d'entretenir ses armes; Snag l'accompagnait (juand il allait battre les collines à la poursuite des coqs de bruyère, pèclier le saumon dans la riviiM'e. attendre les canards à l'alfùt sur le boixl des étangs. Snag lie craignait ni le vent, ni la pluie, ni la neige; les ra\ons du soleil d'cte glissaient sur son front biouz-é, et les bruuillartls de décembre ne rem]i('cl. aient pas d'exposer sa poilrine aux brises fioides ([ui viennent de rOcean.

.Maigre l'amitié croissante de Robert [.our Snag, Lucy n'avait aucune sympathie pour le jeune captif. Elle ne pouvait s'cnqjècher de baisser les yeux (juand elle rencontrait les siens, ardents comme une llamme sous leurs épais sourcils. Souvent le regard hardi du bohémien faisait monter à ses joues les couleurs empourpn'-es de la lleui" du grenadier. Quand elle le rencontrait, Lucy s'écartait île son chemin.

— Vous n'aimez {)as mon pauvre Snag, lui disait parfois Robert.

— Ce n'est pas mon cousin . réjwndait en souriant l'aimable 011e à (pii l'amour enseignait la coquetterie.

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