‹ Cent Quarante Observations De Curietherapie: Par Les Voies Naturelles Pour Épithélioma Du Col De L'UtérusChapitre 10 sur 153 · COUPE FRONTALE COUPE HORIZONTALÉ · texte numérisé non relu

COUPE FRONTALE COUPE HORIZONTALÉ

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Cette disposition générale est naturellement modifiée quand le cancer présente une forme anatomique différente du type cervical habituel.

Une sonde de Pezzer est mise en place. à

Malgré sa simplicité apparente, cette technique comporte quelques points délicats. Il existe parfois de l’atrésie du vagin, qui rend l’opération difficile; plus souvent le col est tellement atteint par le néoplasme que orifice externe est introuvable même après curettage; il faut se contenter de placer les tubes centraux devant le col dans le cratère créé par là curette.

Pendant lapplication, les malades restent alitées dans le décubitus dorsal avec un régime léger : eau de Vichy, tisanes, lait, laitages. |

Au bout de 72 heures en général, enlèvement du tamponnement et du radium, reprise des injections vaginales.

De Nabias retire les tubes chaque jour, de façon à éviter la résorption des-toxines que donne la destruction du néoplasme et l'infection. «Cette méthode a encore, dit-il, l’avan- tage de permettre, dès le deuxième et le troisième jours, l'introduction intra-utérine des tubes, car l’orifice externe du col peut toujours être découvert à ce moment qu'il n’a pas été repéré dans le premier temps.» Cette pratique a donné lieu à des discussions nombreuses, notamment à la Société de Chirurgie, elle est adoptée aujourd’hui d’une façon générale dans les cas où il existe déjà de l'infection ou lorsque l’application de radium doit être prolongée au delà de trois jours.

Nous ne renouvelons les compresses que si la température s'élève au-dessus de la normale.

Réactions.

Le radium détermine des réactions locales ou générales immédiates ou éloignées.

Pendant l'application le pouls s'accélère, la température monte de quelques dixièmes, des nausées appa-

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raissent: d’autres fois, le tableau clinique est plus accentué: les malades se plaignent de douleurs dans le bas-ventre, de brülures, le pouls est rapide, petit, la température au-dessus de la normale, il y a des vomissements. Enfin, dans certains cas, l'intolérance est portée à son maximum, l’état général est mauvais, les malades sont anxieuses, agitées, présentent des vomissements incoercibles. Le calme ne revient, malgré la glace sur l'abdomen et la morphine en injections hypodermiques, qu'après l'enlèvement du radium qui même exceptionnellement d’ailleurs, comme nous l'avons vu dans quelques observations, doit être précocement retiré. Il s’agit probablement là du « choc radiumthérapique » analogue au « mal des rayons », décrit par Béclère pour la roentgenthérapie, analogue peut-être au choc hémoclasique et dû sans doute à la leucolyse des éléments blancs du sang et à la libération des « albumines modifiées, pathologiques, hétérogènes », venues des cellules néoplasiques détruites. S

Dans les jours suivants, l'application, les pertes augmentent, les mictions sont fréquentes, impérieuses, douloureuses; il y a du ténesme, des épreintes; parfois, il y a un syndrôme intestinal (selles nombreuses, très fétides, avec fièvre et troubles hépatiques), traduisant l’intoxication de l’organisme. L’entérite, la rectite et la eystite rétrocèdent ordinairement en trois ou quatre semaines, mais ces réactions peuvent se prolonger ou apparaître tardivement et les phénomênes intestinaux donner un tableau tel que le diagnostic reste hésitant entre inflammation due au radium et métastase.

Des doses trop fortes sur un même point ou insuffisamment filtrées sont susceptibles de déterminer des brûlures plus où moins profondes, des «radiumdermites », parfois très rebelles, qui doivent être évitées.

Quand les lésions sont trop avancées ou les doses trop fortes, la destruction des cellules néoplasiques et l’altération des tissus sains peuvent déterminer une fistule vésico-

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vaginale ou recto-vaginale, dont l'apparition vient encore attrister la fin des malades.

I faut bien se rappeler que toutes les fois qu’il y a une infection, une annexite antérieure, le radium est capable de causer un réveil de l'infection, possibilité qui doit toujours se présenter à l'esprit. La périmétrie ou lPannexite résultantes se traduisent par des phénomènes locaux ou généraux parfois très graves.

Les autres réactions sont exceptionnelles; nous avons rencontré deux cas de phlébite du membre inférieur et une péritonite généralisée, sans perforation de l’utérus ou des trompes, ayant entraîné la mort, La pyométrie consécutive à la curiethérapie a quelquefois été signalée. |

Enfin, la curiethérapie entraine chez la femme encore réglée la disparition, en général définitive, des règles et c’est là une éventualité dont les malades doivent être prévenues.

Résultats.

Le résultat immédiat est en général excellent; la mortalité est infime d’après tous les auteurs; elle est évaluée à un pour dix mille par Simonne Laborde, chiffre cependant trop faible, car nous avons perdu une malade, et, pour plusieurs autres femmes, la mort a certainement été hâtée par notre thérapeutique. Siredey et Gagey signalent dans leur statistique quatre décès par péritonite généralisée.

Quelquefois le bénéfice tiré de la curiethérapie est nul; le cancer continue sans arrêt son évolution; mais en général, après une dizaine de jours, les pertes diminuent puis s'arrêtent, les douleurs, si elles existent, s’atténuent ou disparaissent, le col s’atrophie, devient plus mobile. Au spéculum, il apparaît rétracté, la muqueuse est couverte d’une membrane grisàätre, la surface du néopiasme a laspect d’une brülure. L'état général s’améliore, les malades dorment, engraissent, elles ont l'illusion de la guérison.

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Au bout de quelques mois, le vagin est rétréci, raccourci, la muqueuse est très mince, laissant sourdre sous le doigt une goutte rosée, le col est fibreux, mobile, il n’y a plus de pertes, plus d’hémorragies, plus de douleurs.

La guérison clinique se maintient des mois, des années, même et il paraît bien établi à l’heure actuelle qu’il y a des succès définitifs de la curiethérapie.

Ce résultat n’est malheureusement, ordinairement, que passager; les pertes reprennent, les douleurs reviennent, le toucher vaginal montre des lésions en évolution, la paroi vaginale, la vessie, le rectum, le ligament large, le petit bassin sont envahis, les malades succombent; le radium n’a fait là que retarder de quelques mois l’échéance fatale.

Les observations sont classées en :

10 Traitement par le radium seul ; 2° Traitement par le radium et la chirurgie;

Les premières, les plus nombreuses, sont réparties en : a) Cas opérables ; b) Cas d'opérabilité douteuse ; c) Cas inopérables ; d) Cas inopérables étendus ou désespérés; « e) Récidives.

Les secondes en : | a) Malades traitées par la chirurgie première ; b) Malades traitées par la curiethérapie première ; c) Malades rendues opérables par le radium.

Cette division nous paraît, malgré sa complexité apparente, le minimum exigible pour l'analyse des résultats. C'est elle que nous suivrons dans ces cent quarante observations, regrettant ici l'absence forcée d'examen médical récent de certaines malades qui, trop éloignées ou trop insouciantes, ont négligé, malgré nos avis, de consulter un médecin, seul juge qualifié de leur guérison clinique.

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