OBSERVATION XI
‘(Professeur Princeteau. Inédite.)
M" G..., trente-deux ans.
A eu re grossesses normales; toujours bien Te jusqu'au mois de février 1922. Commence à ce moment à se plaindre de pertes sanguines modérées survenant à intervalles irréguliers, et plus particulièrement dans les périodes intermenstruelles. Elle résiste à toute invitation à se laisser examiner, el ce n’est que dans les premiers jours de novembre 1922, en raison de la persistance et de l’aggravation des pertes sanguines d’une part et de l’amaigrissement considérable d'autre part, qu’elle se décide à laisser procéder à un examen.
ONU
Nous constatons la présence d’une petite tuméfaction du volume d’une cerise à surface légèrement bourgeonnante et saignant facilement, occupant la totalité de la lèvre antérieure du col.
Biopsie : Epithélioma baso-cellulaire.
Comme sa belle-mère a été traitée, avec efficacité jusqu’à ce jour, par l'application de radium, elle réclame le même traitement.
16 décembre 1922 : Application de radium par le Professeur agrégé Réchou : un tube de 52,35 milligrammes de bromure de radium cristallisé, soit 28,05 de radium élément, et un tube de 48 milligrammes de bromure de radium cristallisé, soit 26 de radium élément. Filtration : 5/10 de millimètre de platine, caoutchouc. Durée : 48 heures.
Résultat immédiat : Disparition des hémorragies, écoulement séro-purulent pendant un mois. Dans le cas présent, un symptôme nouveau que nous n’avons pas observé jusque là apparaît. Nous voulons parler de crises rectales très douloureuses survenant 7 à 8 fois par jour et consistante en épreinies, ténesme ano-rectal, s’accompagnant de selles liquides et légèrement sanguinolentes.
L'examen du vagin dénote dans le fond du cul-de-sac postérieur, sur la paroi vaginale, une petite ulcération de la largeur d’une pièce de 50 centimes, qui nous paraît due à l’action du radium. La paroi recto-vaginale n’est point traversée, et le toucher rectal ne nous permet de constater que des phériomènes de rectite.
Lavements laudanisés, suppositoires à l'extrait thébaïque, à la belladone, à lPantipyrine, tous ces moyens sont employés successivement, et nous arrivons enfin à calmer les douleurs rectales au mois de février 1923. : |
Actuellement, fin avril 1923, la malade va bien, mais les règles n’ont pas reparu. |
26 décembre 1923 : Va très bien. Les douleurs de rectite ont disparu. Ni pertes ni douleurs. Le toucher vaginal ne révèle aucune lésion. L'utérus est mobile. (Professeur Princeteau.)
Opérabilité douteuse.