‹ Cent Quarante Observations De Curietherapie: Par Les Voies Naturelles Pour Épithélioma Du Col De L'UtérusChapitre 82 sur 153 · OBSERVATION LXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXIX

(Professeur Bégouin. Inédite.)

M"° B.., quarante-six ans.

Entrée à l'Hôpital du Tondu dans le service du Professeur Bégouin, lit 15, le 30 janvier 1923. Vient pour des métrorragies.

Début en novembre 1920, il y a vingt-sept mois, métrorragies spontanées augmentées par les efforts, le contact, presque continuelles, pas de douleur, pas de fièvre, pas ‘d’altération de l’état général. La malade continue son travail, ne consulte un médecin qu’au bout d’un an. Sans l’examiner, ce dernier prescrit des gouttes. Pas de modification dans le tableau clinique.

En septembre 1929 : hémorragie très abondante qui a duré trois ou quatre heures, les pertes s'arrêtent un mois puis recommencent.

A la fin de décembre 1922, la malade consulte le Docteur Latasté qui l'envoie dans le service pour faire de la curiethérapie.

Antécédents personnels : Réglée à quinze ans, Tègles assez abondantes, non douloureuses, durant quatre à cinq jours, régulières comme apparition, une grossesse normale à vingt-six ans, pas de fausse couche.

Examen : Col en anneau épais, bosselé, cul-de-sac postérolatéral droit envahi, prise de la base du ligament 2. droit, utérus immobilisé. Rien au vagin.

Biopsie : Epithélioma à globes cornés.

Malade inopérable.

3 février 1923 : Sous anesthésie générale au mélange du service, application de 150 millimètres de bromure de radium cristallisé en quatre tubes. Filtration : 5/10 de millimètre de platine, 2 millimètres d’or, caoutchouc (pl. 2, fig. IX). Durée : 74 heures. Pas de réaction.

Formule leucocytaire M le radium :

Polynucléaires ..:... 2 Bosinophies. ss ere RES:

Grands mononucléaires....... 10 É :Mononncléaires::: :.72,.4::240

Lymphocytes

IQ 2

8 février 1923 : Elévation thermique brusque avec rémission matinale. Diarrhée abondante. Météorisme abdominal léger, coliques, mais pas de douleurs à la palpation, teint subictérique.

13 février 1923 : Persistance de l’état saburral. Purgation.

20 février 1923 : Hyperthermie persistante. Pas de douleurs, pas de signes de pyoméirie ou de pelvi-périlonite. Pas d’ascite. Diarrhée très fétide persistante. Muguet. Pas de phénomènes pulmonaires.

1® mars : Persistance des oscillations thermiques de ia diarrhée, du muguet. Pas de périmétrite, pas d'augmentation du volume du foie.

6 mars 1923 : Plus de muguet. Toucher vaginal, rien à signaler, aucun foyer d'infection dans le petit bassin ou l’abdomen. Foie non douloureux, petit.

Sort le 19 mars 1923. Va bien.

Le Docteur Lataste écrit : « La malade rentrée chez elle présenta pendant longtemps des symptômes d’entérite et surtout de rectite. Les pertes avaient disparu, les douleurs pelviennes diminué; l’état général restait médiocre; une alopécie presque totale survint (les cheveux repoussèrent, d’abord lentement, puis ensuite de façon presque complète). Le teint était jaunâtre, parcheminé; la malade avait pris un aspect sénile.

» En août 1923, apparut une fistule recto-vaginale, livrant abondamment passage aux matières fécales; mais en même temps l’état général s’améliorait, ce qui me donna à penser qu’il s'agissait d’une fistule due au radium et non au cancer.

» Actuellement, m’écrit son mari, la malade paraît guérie. Elle est « grosse ét grasse »; elle ne souffre pas, ne perd pas, la fistule est complètement fermée, sans qu'aucun traitement ait été mis-en œuvre. » (Docteur Lataste, 14 janvier 1924.)

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