OBSERVATION LXXXVIII
(Docteur Lefèvre. Inédite.)
M"° X..., quarante-trois ans.
Vient consulter, le 25 avril 1921, pour des hémorragies ayant débuté en mars 1921 et des douleurs. Femme amaïigrie, pâle. Au toucher : énorme col hourgeonnant, irrégulier (cancer gigas), ligament large et cul-de-sac envahis du côté droit.
30 avril 1921 : Sous anesthésie au kélène, curettage du col qui disparaît en entier sous la curette; le néoplasme se prolonge dans l’isthme évidé. Mise en place de deux tubes totalisant 110 milligrammes de bromure de radium cristallisé. Durée : 48 heures.
15 mai 1921 : Plus de douleurs, plus de pertes; la cavité a pour ainsi dire disparu; au toucher, tissus durs.
Morte le 6 juillet 1921.
OBSERVATION LXXXIX (Docteur Charbonnel. Inédite.)
M°° R.., quarante-six ans.
Epithélioma liminaire du col ayant envahi le vagin, dont le fond induré se laisse facilement dilater. Au toucher : bourgeons durs, indolores, immobilité absolue; abdomen souple, pas de troubles de la miction et de la défécation; douleurs dans la jambe gauche et léger œdème; mauvais état général; température habituelle : 37°8 le soir. €
21 juin 1921 : Sous anesthésie générale, application par le
Docteur Nancel-Pénard d’un tube de 52,35 milligrammes de
bromure de radium cristallisé, soit 28,05 de radium élément, et un tube de 48 milligrammes de bromure de radium cristallisé, soit 26 de radium éiément. Impossibilité absolue de trouver l’orifice du canal cervical. Durée : 72 heures. Pas de réaction.
Ensuite, piqûres de mésothorium Buisson : deux de 5 centimètres cubes tous les huit jours; sort le 25 juin.
9 juillet : Amélioration de l’état général; quelques douleurs dans les jambes; la jambe’ gauche a désenflé. Au toucher, utérus lisse, mais le fond du vagin reste dur et cartonné, quoiqu’un peu mobile; au spéculum, il y a encore un peu de saignement.
3 août : Va bien.
30 août : Son médecin écrit : bon état. :
En septembre, la malade étant dans son jardin fait brusquement une hémiplégie droite avec aphasie et vient mourir à l'Hôpital Bel-Air, dans le coma au bout de trois à quatre jours.
Le Docteur Charbonnel écrit : « On peut se demander s’il y a eu une émbolie septique ou un thrombus émané d’une phlébite gauche, (mais il y aurait eu des phénomènes pulmonaires qu’on n’a pas constatés) ou une coïncidence ; mais rien ne faisait prévoir une hémorragie cérébrale chez la malade. »