‹ Cent-vingt jours de service actif [microforme]Chapitre 12 sur 70 · ES PE · texte numérisé non relu

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était anxieux de voir combien de jours nous pourrions résister aux fatigues de la route,

Il serait bon d’ajouter ici que notre coiffure était loin de convenir au pays que nous traversions. Partis de Montréal avec nos képis, nous n'avions eu, en route, que des tuques en laine, et plusieurs préférerent porter la tuque que le képi pour se protéger contre les ardeurs d’un soleil brûlant. L? nuit, pas de difficultés, la tuque était préférable, car il était rare que nous nous réveillions le matin sans avoir au moins un pouce de neige autour du camp. Cependant, malgré tout, on avançait toujours courageusement et, vers cinq heures, on fixa le camp au bord d’un lac. ‘Aussitôt après souper, plusieurs soldats se mirent à faire toutes sortes de jeux, pendant que d’autres chantaient les gais refrains du pays. On joua et on s’amusa jusque vers les huit heu’es et demie, etle major Perry ainsi que la Poii®s à cheval n'étaient pas les moins surpris de nous voir sienjoués après une aussi longue marche. Nous étions à trente-deux milles de Calgarry.

Le samedi matin, à quatre heures, le lever. En peu de temps le camp fut levé et aussitôt le déjeuper pris, en route! Pour la première fois, ce jour là, nous commençâmes à souffrir de nos bottes. Chaque soir on les ôtait avec l’aide d’un confrère ; mais, le matin, on les reprenait tellement roidies par le froid que ce n’était qu'avec beaucoup de douleurs qu'on les mettait. Les premiers milles de la marche semblaient toujours les plus longs et étaient les plus difficiles à parcourir, car notre souffrance aux pieds était atroce. Cependant, après trois ou

quatre milles. le pied devenait insensible, plutôt engourdi par la douleur, ei lon marchait mieux. Vers deux heures et demie p. m. on traversa le ruisseau ‘de la Veuve.” L'eau était tellement haute, qu'on füt obligé de se servir de deux charrettes pour le transport. On les vida, puis les mettant lune devant l’autre dans l’eau on en fit une espèce de pont d’un genre nouveau. Vers quatre heures, on eut à traverser un second ruisseau ; l’eau n'étaii pas bien haute, on le passa à pied. A quatre heures et demie p. m. on campa. Aussitôt après souper, il y eut grande fête à l’occasion de l'anniversaire de la naissance du major Robert. Ou chanta “ En roulant ma boule” et beaucoup d’autres. Il y eut discours par le héros de la fête et le major Perry. Ce dernier complimenta beaucoup le bataillon sur son bon esprit et son énergie. La fête se termina par ce que les Angliis appellent ‘ Grand Bounce” A dix heures tout le camp était silencieux. Nous étions à cinquante milles de Calgarry.

Le dimanche matin, à l'heure habituelle, nous étions debout et prêts à partir. Ce jJour-ci, les chemins furent plus mauvais que jamais. A onze heures quand nous fimes notre première halte, nous n’a. vions parcouru que huit milles, et chacun était heureux de pouvoir se reposer. À cinq heures et demie p. m., quand nous fixâmes le camp, nous étions à soixante-sept milles de Calgarry. Pendant cette journée, il arriva un incident qui fut le commencement de troubles sérieux et qui aurait pu se terminer d'une manière tragique sans le sang-froid du major Perry. Jamais les chemins n'avaient été aussi mauvais; à un certain endroit, nous eùmes à ‘raver-

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