‹ Cent-vingt jours de service actif [microforme]Chapitre 13 sur 70 · CAPT.—ADJUDANT ROBERT · texte numérisé non relu

CAPT.—ADJUDANT ROBERT

traiter aussi amicalement, ce n'était qu'avec peine que l’on réussissait à les faire consentir à embarquer un soldat épuisé par la fatigue de la route. Or ce matin-ci, le sergent Beaudoin de la Gie No. 1

était monté avec deux soldats dans une voiture. A peine arrivé au bas de la côte, il sauta à terre et, voyant sa carabine entre les roues de la voiture, il cria au charretier d'arrêter, en même temps qu'il se baissait pour la prendre. Loin d'arrêter le charretier lui répondit grossièrement et frappa le sergent avec son fouet. Eu un clin-d'œil, vingt crosses de carabines étaient levées sur le charretier et, n'eût-ce été l'intervention prompte du major Perry, il aurait été tué sur place. Par respect pour le commandant, les soldats se calmèrent un peu et, après quelques explications, le charretier fut sévèrement réprimandé, en attendant une enquète qui devait avoir lieu le soir même au camp. Le soir, l’enquête eut lieu. Le charretier fut renvoyé avec sa charge et tout son salaire fut retenu pour payer la carabine brisée,

Malgré tout cela, il y eut fête au camp ce soir-là. On maugea du bacon. dont le major Perry nous avait fait présent, C'était bon, car c'était nouveau ; depuis Calgarry nous n'avions eu que du cora becf et des hard-tackhs.

Lundi, les chemins continuèrent à être mauvais comme la veille. A uncertainendroitsurtoutotil fallait traverser un ruisseau sur des branches, posées dans ce but, trois soldats perdirent pied et tombèrent à l'eau : ils en furent quittes pour un bain froid et quelque peu vaseux. Une couple d’autres ruisseaux plus profonds furent passés sur des charrettes. Après douze milles de marche, nous nous arrètâmes vers les onze heures. Pendant que les cuisiniers préparaient le repas du midi, le bataillon fut rassemblé et le major Robert nous lut les ordres du jour entre

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